«L’homosexualité n’est pas une maladie, martèle Arc en ciel Toulouse (AEC), dès lors l’idée que l’on pourrait en «guérir» ne repose sur aucune réalité. Surtout, elle encourage une stigmatisation coupable qui explique notamment la surreprésentation des adolescents LGBT dans les statistiques sur les risques suicidaires, aux États-Unis comme en France».

L’objet de la colère de cette association LGBT toulousaine? Un tract distribué depuis quelques semaines aux habitant-e-s, invitant celles et ceux qui souhaiteraient «guérir» de leurs «penchants homosexuels» à participer à un séminaire de Torrent de vie à l’église évangélique de la ville.

Torrents de vie est la petite sœur francophone d’une organisation américaine du même nom, Living Waters, qui s’inspire des ouvrages d’Andy Comiskey, un homosexuel prétendant être devenu hétéro après avoir eu une illumination divine. S’appuyant sur une lecture littérale de la Bible, les écrits de Comiskey ont fait un tabac dans les milieux évangéliques. Au fil des ans, Living Waters a essaimé aux États-Unis et en Europe.

Aux âmes égarées, l’organisation propose de nombreux séminaires de «restauration de la personnalité» en partant du principe que «l’homosexualité serait la conséquence de cassures durant l’enfance, en particulier dans la relation avec les parents, et notamment face à une mère surprotectrice et un père distant, ou en cas d’abus».

Toutefois, le chemin vers la guérison n’est pas gratuit. Pour vous débarrasser de vos penchants homosexuels, il vous en coûtera tout de même 20 séminaires à 300 euros, soit 6000 euros au total. AEC interpelle donc les pouvoirs publics et les responsables municipaux sur «les dangers des tractages qui présentent encore l’homosexualité comme une pathologie dont les coûts de guérison alimentent, aux dépens des plus faibles et des plus démunis, on ne sait quelle trésorerie».

En signe de protestation, l’association appelle à un rassemblement de protestation pacifique le 4 novembre prochain à 18h30 devant l’église organisatrice des séminaires (voir les détails pratiques). Un citoyen averti en vaut deux.

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