Les différentes déclarations de François Hollande (à Libération lundi, à Yagg hier, et à France Inter ce matin — voir vidéo ci-dessous) n’en finissent pas de jeter un certain trouble sur les convictions personnelles du candidat à la primaire socialiste en qui concerne les questions LGBT.

«RÉTICENCE»
Ce matin, l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) confie à Yagg, par la voix de son porte-parole Mathieu Nocent, être «extrêmement inquiète» quant aux positions de François Hollande concernant l’homoparentalité et le droit à l’adoption. «Dans l’interview donnée à Yagg, relève l’APGL, François Hollande dit qu’il fera voter une loi dès le début de la législature pour l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Mais il faut lire entre les lignes. On sent une réticence en ce qui concerne l’ouverture de l’adoption et l’homoparentalité. Nous trouvons cela choquant. Il ne mentionne pas l’ouverture de la PMA [procréation médicalement assistée] à toutes les femmes qui est pourtant dans le programme du PS [François Hollande y est favorable, comme il l’a répété dans ses réponses à HES]».

L’interview donnée à France Inter ce jeudi matin ne rassure pas l’APGL. «Une nouvelle fois je veux être clair et précis, explique François Hollande au micro de France Inter. Je suis pour le mariage pour tous, donc pour les hétérosexuels comme pour les homosexuels. Les hétérosexuels, c’est fait, donc la liberté conduit à prôner et à faire voter une loi pour le mariage. Sur l’homoparentalité, j’ai dit également qu’il y avait aujourd’hui toute raison d’accéder à ce droit. Dès lors qu’une personne seule peut adopter pourquoi deux personnes ne pourraient pas le faire, à condition que toujours ce soit le droit de l’enfant qui l’emporte sur le droit à l’enfant».

Voir l’extrait en question à partir de 8min 08s:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur François Hollande.

«DROIT À L’ENFANT»
Cette problématique du «droit de l’enfant» vs. le «droit à l’enfant», dans la bouche du candidat socialiste, choque l’APGL: «Il a des propos qui sont exactement ceux tenus par l’UMP et ceux qui sont opposés à l’homoparentalité, et qui s’appuient sur le fait que ce qui compte en premier c’est l’intérêt supérieur de l’enfant. Mais il existe bien un droit à l’enfant pour les hétérosexuels!».

L’association regrette que François Hollande n’ait pas «une position de rassemblement, de compréhension». «Quand il évoque, dans ses propos tenus à Libération, le «changement de mentalité» nécessaire de la société, c’est quand même très étrange, conclut Mathieu Nocent, quand on sait que plus de la majorité des Français est favorable à l’homoparentalité. Il est en retard, lui-même, dans sa propre réflexion personnelle par rapport à la majorité des Français». Pour François Hollande, ce «changement de mentalité» signifie, comme il l’a précisé à Yagg, qu’«il faudra parfois du temps pour modifier certains regards, faire évoluer certaines mentalités. Une majorité qui accepte c’est aussi une minorité parfois agissante, bruyante et intolérante. Cela ne peut évidemment entamer ma détermination. Je souhaite simplement que chacun mesure la portée historique de ces évolutions». Cette détermination proclamée suffira-t-elle à dissiper le malaise?