Nouvelle agression homophobe à Bordeaux, à peine 15 jours après la dernière dont on ait entendu parler, au miroir d’eau (Lire Agression homophobe à Bordeaux [Sud Ouest] ).

Nicolas, 28 ans, a été roué de coups par l’un de ses voisins le soir du dimanche 2 octobre, en rentrant chez lui. Cela fait des mois que ce même voisin profère des insultes à caractère homophobe à son encontre. Trois jours avant de le rouer de coups, il lui a même jeté des cailloux. Une main courante a été déposée, suivie en juin d’une plainte. Sans suite.

Dimanche dernier, Nicolas n’a dû son salut qu’à ses voisins du dessous, qui, entendant ses cris, sont intervenus. L’agresseur n’a rien dit pendant qu’il frappait, si ce n’est «comme ça, tu vas la fermer ta sale  gueule». La victime souffre de nombreux hématomes au visage et dans le dos. Un médecin lui a prescrit trois jours d’arrêt de travail et deux jours d’incapacité temporaire totale (ITT).

«Les policiers sont venus, ils ont parlé cinq ou dix minutes avec l’agresseur et sont repartis. Selon eux, vu que Nicolas n’a eu que deux jours d’ITT, l’affaire relève du tribunal de police et ils ne peuvent pas arrêter des gens à toute heure», raconte à Yagg Matthieu Rouveyre, militant LGBT, conseiller municipal et conseiller général PS. Encore choqué, Nicolas n’est donc pas retourné dormir chez lui.

«POLICE ET JUSTICE PAS À LA HAUTEUR»
Lorsqu’on interroge Matthieu Rouveyre sur une éventuelle recrudescence des agressions, le militant et homme politique répond que les associations reçoivent «un témoignage de ce type par semaine, qui concerne Bordeaux ou le département». «On ne sait pas s’il y a une véritable recrudescence ou si les acteurs associatifs sont maintenant mieux identifiés, poursuit-il. Toujours est-il que les faits décrits témoignent d’une violence accrue.»

Face à cette violence, les instances policières et judiciaires manqueraient-elles de répondant? «La police et la justice ne sont pas à la hauteur, dénonce Matthieu Rouveyre. Quel seuil de violence devra-t-on atteindre avant qu’il se passe quelque chose?». Les associations ont d’ailleurs demandé à être reçues par le directeur départemental de la police et le procureur auprès du Tribunal de Grande Instance. Nicolas, lui, a déposé une nouvelle plainte.

Voir le reportage de France 3.

Lire l’article de Bordeaux 7: Le visage de l’homophobie a encore frappé (sic)