La mobilisation aura donc payé. La Fédération internationale de football (Fifa) a décidé d’ouvrir une enquête sur les propos homophobes d’Eucharia Uche. Elle l’annonce dans une lettre, que s’est procurée Yagg, datée du 5 septembre, envoyée par courriel à l’Association internationale gaie et lesbienne de football (Iglfa), la Fédération des Gay Games et l’organisation AllOut.org, qui avait mené la mobilisation contre ces propos.

À la veille de la Coupe du monde féminine de football, la coach du Nigeria avait expliqué au New York Times qu’elle se servait de la religion pour se débarrasser de ce «sale problème» que serait l’homosexualité. Si elle reconnaît n’avoir jamais été directement témoin de comportements homosexuels de la part de ses joueuses, elle estime que «lorsque les rumeurs sont fortes, on est bien obligé de croire que c’est vrai». La Fifa avait d’abord timidement réagi à ces propos.

«Plus de 46000 membres d’AllOut.org ont appelé la Fifa à donner un carton rouge à l’homophobie au sein du milieu footballistique international. Aujourd’hui, nous sommes ravis de voir la Fifa faire un premier geste essentiel en ce sens, se réjouit Andre Banks d’AllOut.org dans un communiqué. En lançant une enquête immédiate sur les déclarations homophobes de la coach Uche, les instances internationales du football font passer un message clair et important: l’homophobie n’a pas sa place dans le football, que ce soit sur le terrain ou en dehors.»

Championnes d’Afrique en titre, les Nigérianes avaient été éliminées en phases de poule de ce Mondial gagné par le Japon.