«La censure du très beau film d’animation Le Baiser de la Lune (de Sébastien Watel) qui mettait en scène l’amour de deux poissons-hommes, avait déjà révélé le conservatisme sectaire d’une partie de la majorité UMP», rappelle pour sa part Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, qui souligne: «De Simone de Beauvoir en passant par Pierre Bourdieu et Elisabeth Badinter, nombreux sont les intellectuels et les scientifiques à avoir fait la démonstration que le genre est une construction sociale et culturelle, de même que la sexualité».

«Les problèmes du pays sont aujourd’hui assez importants pour que les parlementaires consacrent leur énergie à régler les problèmes des Français et pas à une chasse aux sorcières qui n’a pas lieu d’être», renchérit Yves Jégo, vice-président du Parti radical, dans Libération.

«UNE VRAIE QUESTION»
De son côté, Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP (qui est le parti au gouvernement, celui de Luc Chatel, rappelons-le), soutient en revanche les 80 député-e-s, estimant qu’ils/elles «posent une vraie question», tout en admettant que «ce n’est pas aux responsables de faire les programmes scolaires, ça ne l’a jamais été. Chacun son métier. On n’est pas là pour écrire des manuels scolaires, nous les responsables politiques».

Pour l’Unsa Éducation, qui s’était déjà élevée contre la polémique en juillet (lire Théorie du genre au lycée: L’Unsa Éducation condamne «l’appel implicite à la censure» formulé par un député UMP), les 80 député-e-s n’ont «manifestement pas lu» le manuel directement incriminé dans leur lettre, dont un spécimen est accessible en ligne (le lien mène directement au chapitre concerné).

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