C’est le feuilleton de l’été. Après Christine Boutin et la cathosphère, 80 député-e-s UMP ont écrit à Luc Chatel pour lui demander le retrait des manuels de SVT (Sciences et vie de la terre) destinés aux classes de première et qui, selon eux, feraient référence à la «théorie du genre sexuel». Parmi eux, les incontournables Christian Vanneste, Jacques Myard et Lionnel Luca, mais aussi Bernard Debré ou Hervé Mariton.

«PRATIQUANTS»
«Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités: homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels», écrivent-ils, cités par l’AFP. Ils donnent comme exemple de l’insinuation de cette théorie dans les livres prévus pour la rentrée de la semaine prochaine les quelques lignes suivantes, extraites d’un ouvrage publié par Hachette: «Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre».

HYPOCRISIE
En juillet dernier
, la fédération Unsa Éducation avait déjà dénoncé l’hypocrisie de la méthode: la mention «théorie du genre» n’apparaît nulle part dans les programmes. Et comme nous le soulignions à l’époque, les manuels suivent les recommandations du ministère qui, dans un bulletin du 30 septembre 2010, prévoit, pour les premières ES et L, un chapitre «féminin/masculin»: Ce thème vise à fournir à l’élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés. Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée».

[mise à jour, 17h53] «La société est plus en avance que le monde politique et les institutions, a réagi Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation au Parti socialiste, ouvertement gay, interrogé par Lexpress.fr. Dans quelques années, on pensera que cette polémique est d’une banalité affligeante. Il faut bien comprendre que la mise en place d’un outil de compréhension de l’identité sexuelle, ce n’est pas faire avancer les droits des LGBT mais contribuer à l’éducation et la formation des futurs citoyens.»

Via lechat

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