La prochaine gay pride de Belgrade aura lieu le dimanche 2 octobre. L’heure exacte de la marche et son parcours seront annoncés ultérieurement, pour des raisons de sécurité, ont indiqué les organisateurs. Après les heurts provoqués par des mouvances extrémistes lors de la gay pride de 2010 ainsi la multiplication des violences homophobes constatés dans le pays, ils craignent que la parade de cette année puisse être à nouveau la cible de violents extrémistes.

Alors qu’un jeune homosexuel a été grièvement blessé par deux hommes dans la nuit du 26 au 27 août, l’association Gay Straight Alliance constate et s’inquiète d’une recrudescence des attaques contre la communauté LGBT serbe. Elle appelle les autorités du pays «à se concentrer sur la prévention et à punir les actes de violence à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuels et trans’, notamment avant et pendant la gay pride».

Dans un communiqué adressé aux autorités serbes, l’Ilga-Europe demande également à ce que la sécurité soit assurée tout au long de la marche. «Les autorités du pays doivent prouver qu’elles sont réellement engagées en faveur des droits humains des personnes LGBTI. Elles le peuvent, en faisant en sorte que la marche des fiertés de Belgrade 2011 soit entièrement protégée et puisse avoir leur soutien», conclut Martin K.I Christensen, co-président du conseil exécutif de l’association européenne.

DES AUTORITÉS POLITIQUES UN PEU TROP FRILEUSES ?
Malgré le soutien exprimé en juin dernier par le président serbe Boris Tadic, l’engagement des responsables politiques pourrait, pour cette édition 2011, être moins marqué que l’an passé. En première position le maire démocrate de Belgrade Dragan Dilas a affirmé le 18 août que le pays avait «de plus gros problèmes» que la gay pride et qu’il ne soutiendrait jamais un «événement pouvant mettre en danger la sécurité des Belgradois». Avec lui, le ministre de l’Intérieur Ivica Dacic, qui s’est refusé à envoyer des policiers si aucun consensus n’est trouvé au sein du gouvernement: «Faut-il que 5000 policiers versent leur sang dans les rues pour que d’autres viennent ensuite déclarer qu’il n’aurait pas fallu organiser une gay pride?». Pour le reste, le gouvernement démocrate paraît presque absent d’un débat qui aurait dû être placé sus le signe des droits humains.

Ces différentes déclarations ont entrainé la colère des organisations LGBT du pays, Parmi elles, le centre LGBT serbe Glic a accusé, entre autres, le maire Ivica Dacic de faire des commentaires pouvant mettre en danger des «citoyens homos». «Nous demandons aux politiciens serbes de faire preuve de prudence dans leurs déclarations sur le défilé et de ne pas encourager la violence dans les rues de Belgrade», rapporte le site Upi.com.

PRÈS DE 150 BLESSÉS ET 250 HOOLIGAN ARRÊTÉS EN 2010
Malgré les nombreux policiers déployés pour l’occasion, la gay pride organisée en 2010 avait été marquée par la présence de hooligans et de supporters sportifs homophobes. Près de 150 blessés, policiers pour la plupart, et 250 hooligans arrêtés (sur 6000, soulignent les organisateurs) ont été dénombrés après l’événement. Il s’agissait alors de la première gay pride organisée depuis 2001 qui avait déjà été le théâtre de violentes attaques de la part de mouvance ultra-nationaliste.

Seuls face à l’intérêt tout relatif exprimé par les autorités serbes, les organisateurs invitent la communauté internationale et plus particulièrement les associations et institutions «qui partagent [leurs] valeurs d’égalité, de dignité et de tolérance» à leur envoyer des lettres de soutien et, mieux, à venir participer à cette gay pride 2011: «Votre présence contribuera aussi à améliorer la sécurité assurée par la police serbe».

Photo DR (gay pride 2010)