Ce mercredi 17 août sort dans les salles La Piel que habito, le nouveau film de Pedro Almodóvar. Lors de sa présentation au Festival de Cannes en mai dernier, notre chroniqueur et blogueur invité Franck Finance-Madureira avait été très enthousiaste. Nous publions à nouveau son article ci-dessous:

Quand Almodóvar a annoncé que son prochain film serait une adaptation du roman de Thierry Jonquet, Mygale, il faut bien avouer que cela laissait de nombreux observateurs bien sceptiques. C’était mal connaître Pedro Almodóvar et sa capacité à rendre sienne toute histoire qui tombe entre ses griffes. Avec La Piel que habito («La Peau que j’habite»), le réalisateur espagnol surfe sur des thématiques qui lui sont chères: l’identité, le genre, la transsexualité, le désir, et ajoute une nouvelle dimension à son cinéma en se créant un cadre aux limites du fantastique.

MAGNIFIQUE
Si l’intrigue ne doit absolument pas être dévoilée sous peine de réellement gâcher le plaisir de la première vision, on peut en tout cas dire que le film est absolument magnifique. Il joue formellement avec les codes du film fantastique et du film noir un peu fifties et une ambiance visuelle inspirée du travail de Louise Bourgeois.

Il offre à sa première muse, Antonio Banderas, un rôle de médecin obsessionnel et pervers qui nous rappelle à quel point c’est un grand acteur, on avait eu tendance à l’oublier depuis sa «carrière» hollywoodienne. Le film tranche avec l’œuvre d’Almodóvar par une esthétique plus froide, voire glacée mais le grand talent du réalisateur est toujours de chaque scène, de chaque plan dont certains resteront cultes: Banderas observant sa «créature» sur un écran géant, l’arrivée inopinée du «Tigre», la scène finale belle et «cut».

TRANSITION
Film en forme de transition (dans tous les sens du terme), La Piel que habito est un essai plutôt transformé d’Almodóvar vers des territoires visuels nouveaux et prometteurs. Sans jamais oublier un humour camp irrésistible et quelques auto-citations plutôt bien amenées. Sans doute pas de Palme d’Or pour Pedro mais la preuve que le cinéaste a encore énormément de choses à apporter et qu’il est tout à fait capable de se renouveler, de surprendre. Et ça, ça vaut tous les prix du monde.

Franck Finance-Madureira

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur La Piel que habito – bande-annonce.

À noter également dans les sorties ciné de ce mercredi: Impardonnables, d’André Téchiné, Captain America: First Avenger, de Joe Johnston et Conan, de Marcus Nispel (lire: Un mois d’août gay-friendly en 10 bandes-annonces).