«Le nouveau Défenseur des droits choisit trois femmes pour l’assister», annonçait 20 Minutes.fr tandis que le quotidien Les Echos titrait «Trois femmes pour épauler Dominique Baudis à la tête du Défenseur des droits». C’était le 18 juillet dernier. Le nouveau Défenseur des droits Dominique Baudis venait d’annoncer le nom de ses trois adjointes.

«ÉTRANGES NOMINATIONS»
La fonction nouvelle de Défenseur des droits, qui a remplacé le Médiateur de la République, inclut en effet celles du Défenseur des enfants, de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). Le nouveau Défenseur est assisté de trois collèges, qu’il préside, et de trois adjointes, chargées des secteurs qui étaient couverts par les trois autorités disparues.

Un bon début pour celui qui a été nommé par Nicolas Sarkozy en Conseil des ministres au début de l’été? Voire. Le Monde a mis en relief les «étranges nominations par les autres corps de l’État» dans son édition du 8 août (réservée aux abonnés). En effet, selon les nouvelles règles entrées en vigueur, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ont désigné chacun huit membres des trois collèges, tout comme le Conseil d’État, la Cour de cassation et la Cour des comptes. «Si les magistrats sont tous de haut rang, il y a sans doute peu de points communs entre Guy Gilbert, le «curé des loubards» ami du chef de l’État, et Gilbert Meyer, maire UMP de Colmar», soulignait le quotidien.

ET LA DIVERSITÉ FAMILIALE?
Ces nominations font également bondir l’Association des familles homoparentales (ADFH). Dans un communiqué, celle-ci exprime sa «consternation» et son «étonnement» devant la composition de l’équipe du nouveau Défenseur des droits Dominique Baudis, estimant que le collège chargé des droits des enfants ne prend pas en compte la «diversité familiale».

L’association rappelle les faits d’armes les plus controversés des trois entrants au collège. Ainsi, l’élu UMP Gilbert Meyer a fait partie des maires anti-pacs en signant une pétition pour s’opposer au partenariat civil de solidarité (voté en 1999).

Également épinglé par le magazine Prochoix en raison de «ses opinions extrêmes» – l’ancien député du Haut-Rhin (68) a signé une proposition de loi pour le rétablissement de la peine de mort pour les terroristes ainsi qu’une autre visant à réduire le droit de grève dans le service public –  il avait déclaré: «Je suis persuadé que la cellule familiale traditionnelle constitue le fondement de notre société et que sans elle, il n’existe plus aucun équilibre. Les jeunes générations, en particulier, ont besoin de repères que seule une structure familiale stable est en mesure de leur apporter».

Lire la suite et la fin page suivante