La semaine dernière, nous vous annoncions que le maire de la ville de Cabestany (8410 âmes) avait l’intention de célébrer un mariage symbolique entre deux hommes. Objectif: inciter les élus à s’impliquer d’avantage pour l’ouverture du mariage aux couples de même sexe (lire Nouveau mariage symbolique d’un couple gay annoncé dans le Languedoc-Roussillon).

Contacté ce matin par Yagg, le maire Jean Vila indique avoir rencontré le couple pour la première fois hier après-midi. Il confirme que les deux hommes sont prêts à sauter le pas. Cabestany deviendrait ainsi «la première commune des Pyrénées-Orientales à célébrer un mariage entre personnes du même sexe», lance le maire, pas peu fier.

EN COUPLE DEPUIS HUIT ANS
«Patrick et Guillaume sont en couple depuis huit ans et après avoir longuement discuté avec moi dans mon bureau, ils sont repartis super emballés à l’idée d’apporter leur pierre à l’édifice», affirme Jean Vila. Selon lui, les futurs «mariés» ont également fait part de leur intention d’inviter «familles et ami-e-s» à la noce.

«Ils ont envie de faire quelque chose de chouette. Je les ai senti particulièrement ému même si le mariage ne sera pas inscrit sur les registres», raconte-t-il. Jean Vila a en effet choisi de ne pas enregistrer les unions pour «ne pas [se] mettre en situation d’illégalité». Comme l’avait fait Noël Mamère à Bègles en 2004. La justice avait annulé «le mariage de Bègles» quelques mois plus tard.

Initialement prévu «courant septembre», les noces de Patrick et Guillaume devraient finalement avoir lieu en novembre 2011. Le couple aurait choisi de se laisser un peu de temps pour «raisons professionnelles». «Ils ne veulent pas seulement faire un coup [médiatique]», souligne Jean Vila, «ils prennent tout ça très au sérieux».

UNE SEULE RÉACTION NÉGATIVE
Pour l’instant, le maire dit n’avoir reçu qu’une seule réaction négative à son initiative. «De la part d’un ami de longue date», précise-t-il. «Il m’a appelé il y a quelques jours en me disant que j’étais taré de marier des gens pas normaux. Je m’en souviens parce que c’était le jour où le dernier déporté homosexuel est mort [il s’agit de Rudolf Brazda, décédé le 3 août dernier à l’âge de 98 ans, ndlr]».

Un mauvais épisode qui n’entame en rien sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche. «Nous voulons engager le débat notamment entre les élus», explique-t-il. «Si nous sommes suffisamment nombreux, les députés pourraient reconsidérer leur position».

SOUTIEN 
À noter qu’Unitat catalana, petit parti militant pour une Catalogne du nord, a apporté «tout [son] soutien à cette initiative» dans les colonnes de L’Indépendant, jeudi dernier. «Félicitons Monsieur Vila pour entreprendre cet heureux événement qui, je l’espère, fera encore un peu avancer ce débat», écrit Brice Lafontaine, le secrétaire général du parti.

«Sachant que l’orientation sexuelle n’est pas un choix et que le mariage civil est un contrat dissocié de la religion, il est incompréhensible de se prononcer contre l’application de droits pour toute la société sans distinction», conclut le communiqué d’Unitat catalana.

De son côté, Jean Vila annonce une conférence de presse pour le mois de septembre. Afin de donner au mariage symbolique de Patrick et Guillaume «la médiatisation nécessaire pour faire avancer le débat».

Photo Mairie de Cabestany