La capitale tchèque se prépare à accueillir la première gay pride de son histoire. Baptisée Prague Pride et annoncée à grand renfort de publicité par les organisateurs, elle doit avoir lieu à partir de demain, mercredi 10 août, et durer jusqu’au 14 août prochain.

Mais cette manifestation ne fait pas l’unanimité dans le pays. À la veille du lancement des festivités, la tension est montée d’un cran après que le président Václav Klaus a apporté son soutien à l’un de ses conseillers qui avait dénoncé la tenue de la première marche des fiertés gay, lesbienne, bi et trans’ à Prague.

«CITOYENS DÉVIANTS»
En République tchèque, Petr Hájek est une personnalité controversée. Romancier et essayiste connu pour ses convictions conspirationnistes et créationnistes, l’homme est aussi directeur adjoint du Bureau de la présidence. Dans la revue parlementaire Listy, il déclare que «le monde des homosexuels est un monde dans lequel la famille ne joue aucun rôle, un monde dans lequel les déviations sexuelles sont élevées au rang de vertus, l’anormalité au rang de norme et la destruction de la société au rang de saint progrès». Tout en proclamant que les homosexuels sont des «citoyens déviants», il ajoute: «L’homme blanc, hétérosexuel et chrétien est une espèce en voie de disparition dans le monde que revendiquent les participants à la gay pride».

«QU’ON LE VEUILLE OU NON, LES HOMOS VIVENT PARMI NOUS»
Ces propos ont provoqué un tollé de la part des partis d’opposition et des associations LGBT tchèques. Sommé de s’expliquer sur les déclarations de son bras droit, le président Václav Klaus s’est fendu d’un communiqué sur son site internet vendredi dernier, écrivant: «Bien que les déclarations de Petr Hájek n’étaient pas les miennes et que j’aurais peut-être utilisé des mots différents, je ne vois pas non plus quelle fierté il peut y avoir à organiser une gay pride».

Václav Klaus a également rejoint son conseiller sur l’usage du mot «déviant» en affirmant qu’il s’agissait d’un terme «neutre», et donc pas péjoratif. «C’est une chose de tolérer un tel événement, mais c’en est une autre d’y accorder son soutien», a conclu le président tchèque.

Une pique destinée au maire de Prague Bohuslav Svoboda. Pourtant membre de la propre formation de centre droit du président – les démocrates civiques – l’élu est dans la ligne de mire des durs du parti depuis qu’il a apposé sa signature personnelle au message de la gay pride. Celui-ci a toutefois réaffirmé son soutien aux organisateurs dans une lettre envoyée au média CTK: «Qu’on le veuille ou non, les homosexuels vivent parmi nous et il serait ridicule de prétendre le contraire. Je m’oppose fermement à toute division des citoyens, que celle-ci soit fondée sur la couleur de leur peau, leur conviction religieuse ou leur orientation sexuelle».

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