Dans un communiqué daté du 4 août du Transgender Legal Defense & Education Fund, la communauté LGBT et les élus de la ville de New York condamnent le meurtre de Camila Guzman, retrouvée sauvagement assassinée le 1er août dans son appartement à East Harlem, et affichent leur solidarité avec ses proches. «Nous sommes attristés et troublés par le décès une fois de plus d’un membre de notre communauté», a déclaré Michael Silverman, le directeur exécutif de l’association.

«Ce meurtre horrible souligne la violence que subissent les transgenres dans leur vie de tous les jours, en particulier les transsexuelles de couleur», ajoute Michael Silverman. Selon le dernier rapport sur les crimes de haine de la Coalition nationale des programmes anti-violence, sur les 27 meurtres homophobes recensés aux États-Unis en 2010 (en augmentation de 23% par rapport à 2009), 70% concernaient des personnes de couleur et 44% des transsexuelles.

RÔLE DES MÉDIAS
Dans le même communiqué, la communauté LGBT appelle les médias à rendre compte du meurtre de Camila Guzman avec rigueur et responsabilité. «Les amis de Camila et la communauté trans’ sont mécontents du portrait que l’on dresse d’elle dans les médias. En tant que trans’, nous avons l’impression d’être isolé-e-s et d’être des cibles invisibles de violence», précise Ruby Teresa Chavez, une amie de la victime.

«THE HOOKER TRANSGENDER»
À titre d’exemple, le tabloïd populiste New York Post désignait Camila comme une «pute transgenre» («the hooker transgender») dans un article du 3 août. Dans un autre article, le journal utilise le prénom initial de Camila – Rodrigo – et justifie le fait qu’il la qualifie de «prostituée» par une phrase du commissaire de police Raymond Kelly: «Les voisins disent que des gens étranges entraient dans l’appartement à fréquence régulière, donc nous supposons que c’était un lieu de prostitution».

Dans ce même communiqué du Transgender Legal Defense & Education Fund, plusieurs élus condamnent l’assassinat transphobe de Camila Guzman: «Le meurtre violent de Camila Guzman, une citoyenne transsexuelle, m’attriste profondément, déclare Melissa Mark-Viverito, élue démocrate au Conseil municipal de New York. Il est capital que l’on dénonce tout acte de de violence envers la communauté transsexuelle afin de dire haut et fort qu’une telle violence ne sera pas tolérée à El Barrio/East Harlem ni dans aucun quartier de New York. Il est tout aussi important que les médias retranscrivent les faits avec précision et responsabilité, sans utiliser de descriptions ni de langage irrespectueux et indélicats envers l’identité de genre de Camila».