Thomas Hammarberg

Thomas Hammarberg

Le Monde a publié il y a peu un Point de vue de Thomas Hammarberg, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe (lire Thomas Hammarberg demande aux gouvernements européens de «protéger les personnes transgenres contre la haine et la discrimination» [LeMonde.fr]).

Le bureau de Thomas Hammarberg nous a proposé de publier également ce texte, le voici donc (la version anglaise est sur From Paris with Yagg).

«IL FAUT FAIRE CESSER LES VIOLENCES HOMOPHOBES ET TRANSPHOBES» PAR THOMAS HAMMARBERG
Il y a quelques semaines, à Split, en Croatie, une marche pacifique des Fiertés a été brutalement attaquée par des milliers de hooligans; des dizaines de personnes ont été blessées. Les opposants à la manifestation étaient bien plus nombreux que les policiers. La police n’a pas réussi à pleinement protéger les participants à la marche, dont le but était simplement d’attirer l’attention sur la situation des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). Ces heurts se sont déroulés après des semaines de menaces, de graffitis, de tracts et d’échanges haineux sur les réseaux sociaux.

Ce n’est pas la première fois qu’une manifestation contre l’homophobie et la transphobie est la cible de menaces et d’agressions de la part d’extrémistes.

En 2010, en Serbie, la police de Belgrade a fait des efforts héroïques pour protéger la première marche des Fiertés organisée dans cette ville. Toutefois, 150 personnes, des policiers pour la plupart, ont été blessées lors des affrontements. Là encore, les contre-manifestants étaient beaucoup plus nombreux que les participants à la marche pour les droits LGBT.

À Vilnius, les autorités lituaniennes ont dû mobiliser un important contingent de policiers pour protéger la Marche 2010 des Fiertés des pays baltes contre des assaillants violents.

Les collectivités locales sont de plus en plus sensibilisées au fait que les manifestations pacifiques des Fiertés doivent être autorisées et protégées car les personnes LGBT ont les mêmes droits que les autres à la liberté de réunion et d’expression. C’est bien sûr une évolution positive.

Par contre, une protection policière massive reste nécessaire, ce qui est un signe très négatif. Il est grand temps que les responsables politiques européens s’attaquent sérieusement aux phénomènes de l’homophobie et de la transphobie et à leurs causes profondes. La première chose à faire est de reconnaître la gravité du problème ainsi que la nécessité d’une action systématique de sensibilisation à tous les niveaux de la société. Il est urgent de contrer toutes les tendances à la discrimination à l’encontre de ce groupe de personnes, y compris dans les politiques officielles d’égalité et de défense des droits de l’homme.

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