Une cérémonie d’adieu à Rudolf Brazda, dernier survivant connu de la déportation homosexuelle, disparu le 3 août dernier, aura lieu le lundi 8 août, à 10h, au Centre funéraire de Mulhouse.

«Conformément à ses dispositions testamentaires, indique l’association LGBT mémorielle Les «Oublié-e-s de la mémoire», la dépouille de Rudolf Brazda sera incinérée. Ses cendres seront déposées au cimetière de Mulhouse, dans la plus stricte intimité, à côté de celles d’Edi, son compagnon décédé en 2003».

NI FLEURS, NI COURONNE
Les proches ne demandent ni fleurs, ni couronne, mais des dons au profit de la maison de retraite Les Molènes (où a séjourné Rudolf Brazda) ou des «Oublié-e-s» de la mémoire. Les dons recueillis par cette dernière association serviront à la confection d’une plaque de marbre nominale qui sera posée sur la tombe. Un registre de condoléances est accessible en ligne.

Philippe Couillet, président national de l’association a confirmé à Yagg l’information délivrée à l’AFP, à savoir qu’un hommage national serait probablement rendu à Rudolf Brazda en septembre, sans donner plus de précisions pour le moment.

RÉACTIONS ET HOMMAGES
Dès l’annonce de la mort du dernier survivant connu des «Triangles roses», qui avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en avril dernier, réactions et hommages se sont multipliés.

Ainsi, Marc Laffineur, secrétaire d’État du ministre de la Défense et des Anciens combattants, exprime dans un communiqué son «émotion»  et «salue la mémoire des milliers d’hommes et de femmes qui furent persécutés pour leur orientation sexuelle. Leurs épreuves et leur martyre nous obligent à demeurer intransigeants face à l’intolérance et à l’exclusion».

Le Parti socialiste «salue le parcours de Rudolf Brazda» et «réitère avec force son engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité».

CONTINUER LE COMBAT
Ian Brossat
, président du Groupe PCF-PG au Conseil de Paris, affirme que «plus que jamais, ce combat pour la mémoire demeure d’actualité afin d’obtenir la reconnaissance par la nation tout entière de la déportation homosexuelle. Plus que jamais, son parcours nous rappelle aussi la nécessité de combattre pied à pied l’homophobie au même titre que toutes les formes de discriminations».

Dans un communiqué, «Jean-Luc Romero, président d’Élus locaux contre le sida et Florent Massot, éditeur de sa biographie Itinéraire d’un Triangle rose co-écrite avec Jean-Luc Schwab se disent profondément attristés» et «saluent la mémoire d’un grand homme». Ils constatent également, sans volonté de «polémiquer», qu’«il a fallu près de 60 ans à la République française pour reconnaître cette déportation».

Pour le Mémorial de la déportation homosexuelle, qui fait également part de sa «tristesse» et de son «émotion» par la voix de son président Hussein Bourgi, la disparition de Rudolf Brazda «tourne une page de notre Histoire et de la mémoire de la persécution des homosexuels sous le régime nazi. Cette Histoire doit être désormais approfondie grâce au travail des universitaires, et le travail dans ce domaine est à peine entamé. Cette mémoire doit rester vivante et active».