Comme chaque année, Michou a pris ses quartiers d’été à Cannes, dans le prestigieux hôtel Martinez. C’est là que nos confrères de Nice-Matin l’ont rencontré. Vêtu comme à son habitude d’une veste bleue électrique et lunettes assorties, la vedette des nuits parisiennes s’est livrée à quelques digressions sur des sujets politiques et sur ses débuts à Paris dans les années 1960.

«L’HOMOSEXUALITÉ RESTE TABOUE»
Le regard qu’il porte sur les revendications homos a de quoi hérisser les associations militantes. Le mariage? «Si c’est au deuxième degré…». L’adoption? «Ça me paraît difficile». Et le pacs? «Je dis bravo au pacs, je suis prêt à défiler!» Défiler, oui, mais sans exubérance: «La Gay Pride, je trouve ça rigolo, ça m’amuse. Mais il n’est pas nécessaire de se rouler des patins en pleine rue. Malgré l’évolution des moeurs, l’homosexualité reste taboue», dit celui qui partage sa vie avec le même homme depuis 10 ans.

Lorsque Nice-Matin évoque son soutien à Nicolas Sarkozy, la réponse de Michou est magnifiquement fielleuse: «Il vit tellement de problèmes, il se bat pour le monde entier, alors que Carla va lui donner un petit garçon. J’ai beaucoup d’admiration pour Nicolas Sarkozy, il est courageux. Mais j’aime aussi mon maire, Bertrand Delanoë!».

«DE L’INCONSCIENCE ET DU CULOT»
Michou, de son vrai nom Michel Catty, a fait de son cabaret transformiste, ouvert dans la rue des Martyrs en 1955, une référence dans le monde de la nuit parisienne. En juin, il a fêté ses 80 ans entouré de tous ses amis et les 55 ans de son cabaret transformiste qui ne désemplit pas. Dans les années 1970-1980, Chez Michou s’est en effet imposé comme un lieu incontournable de Montmartre et de Paris.

Revenant sur ses débuts, il raconte: «Il fallait de l’inconscience et du culot. En 1960, avec deux copains, on a eu l’idée incroyable de nous déguiser pour imiter des nanas. Moi, j’étais France Gall, Eugène pour Nana Mouskouri et Lucien en Juliette Greco. C’était beaucoup plus burlesque que maintenant. Un gentil journaliste est venu et m’a dit: «Votre numéro est fabuleux, continuez, continuez!». Après, ça n’a plus jamais désempli, tout le monde est venu voir nos travestis». «Aujourd’hui encore, on va chez Michou comme au Crazy Horse. Sauf qu’avec mes michettes, il y a toujours une surprise sous la robe!», confie la vedette toujours très classe. Le temps passe mais Michou restera toujours Michou.

Photo Basili