Jean Vila

Après la maire de Montpellier Hélène Mandroux qui avait marié symboliquement Florent Robin et Tito Livio Santos Mota en février 2010, c’est au tour de Jean Vila, maire communiste de la petite commune de Cabestany (8410 âmes), d’organiser l’union d’un couple d’hommes.

Contacté par Yagg, le maire confirme la nouvelle annoncée mardi par le quotidien régional L’Indépendant. Il s’agirait du «premier mariage «gay» des Pyrénées-Orientales». La cérémonie devrait avoir lieu «courant septembre».

L’élu met en avant une «initiative citoyenne» et «surtout pas une provocation comme l’a écrit L’Indépendant». «C’est quelque chose de très simple», dit-il. «J’ai été contacté par ce couple d’hommes dont l’une des sœurs de l’un d’eux vit dans la commune. Ils m’ont demandé de célébrer leur mariage symboliquement».

«IL FAUT QU’ON AVANCE SUR CE SUJET»
Jean Vila rejoint ainsi ces rares élus qui ont décidé de célébrer des mariages symboliques de couples gays. Outre l’action d’Hélène Mandroux, le maire de Nancy André Rossinot (Radical-UMP) a permis à Stéphanie Nicot et Élise de se dire «Oui» à l’hôtel de ville au début de l’été (lire: Stéphanie et Elise se sont dit oui!). Sans toutefois aller jusqu’à enregistrer les unions comme l’avait fait Noël Mamère à Bègles en 2004. À l’époque, ce dernier avait inscrit le mariage de deux hommes sur les registres. Une inscription annulée par la justice peu de temps après.

«Au moment où le projet de loi visant à ouvrir le mariage entre personnes du même sexe a été rejeté en catimini à l’Assemblée, je voulais faire un geste symbolique pour montrer le retard de la France en la matière», explique l’élu. «Si deux personnes veulent se marier, je ne vois pas où est le problème. Ce n’est pas aux élus de dire qu’un homme doit nécessairement se marier avec une femme».

METTRE LA PRESSION
Pour le maire de Cabestany, «si l’Assemblée nationale n’a pas voté le texte, c’est qu’on n’a pas assez mis la pression sur eux [les députés].» «Il faut qu’on avance sur ce sujet car cet archaïsme est insupportable». Une manière de dénoncer le silence des quatre députés UMP de la circonscription des Pyrénées-Orientales. Ces derniers ont tous voté contre le texte proposé par la gauche le 14 juin dernier.

Photo Mairie de Cabestany