Jean-Paul Garraud

Dans un billet du 20 juillet intitulé «Théorie du genre: 3e sexe?» et mis en ligne sur son blog, le député UMP de la Gironde Jean-Paul Garraud indique que le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel lui a confirmé que la théorie du genre «ne fait absolument pas partie du programme des lycéens». Plus loin, il appelle «les directeurs d’établissements et les parents d’élèves à ne pas acheter les manuels qui ne respecteraient pas les directives ministérielles».

Contacté par Yagg, Luc Chatel a refusé de répondre à nos demandes de précision: «il ne veut pas polémiquer à ce sujet», dixit son secrétariat. Quant à Jean-Paul Garraud, il est également aux abonnés absents.

La fédération Unsa Éducation a réagi dans un communiqué et s’insurge contre «la censure des manuels scolaires». «Les interdits professionnels en matière de matériel pédagogique, on n’a rarement vu ça depuis Vichy!», s’exclame Luc Bentz, secrétaire national de l’Unsa interrogé par Yagg.

LA CROISADE CONTINUE
Emmenée notamment par Christine Boutin, la cathosphère s’élève contre cette évolution du programme depuis juin dernier (lire: Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée). Des pétitions réclamant sa suppression des manuels scolaires circulent désormais sur internet, à l’attention du ministre de l’Éducation nationale et des maisons d’édition. L’une d’entre elles, disponible sur le site Avenir de la culture, accuse «un projet militant du lobby homosexuel».

CARICATURE
Dans le Bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010 (page 7) le chapitre «féminin/masculin» du programmes de SVT des classes de première L et ES en vigueur à la rentrée 2011 est ainsi présenté:
«Ce thème vise à fournir à l’élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés. Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée». L’Unsa souligne que la mention «théorie du genre» n’apparaît pas et qualifie de caricature la campagne menée notamment par «les associations familiales catholiques».

«Soucieux des droits des LBGT et des situations délicates dans lesquelles se trouvent certains jeunes, nous voulons éviter que l’homme et la femme soient considérés comme génétiquement définis et formant un modèle immuable», commente Luc Bentz. «L’Unsa Éducation rappelle fermement que, dans une république laïque qui ne connaît que des citoyens, libres et égaux devant la loi, ce n’est pas au nom d’une vérité révélée, d’une supposée transcendance que s’élaborent les programmes d’enseignement, notamment en matière scientifique », indique le communiqué.