Une loi destinée à durcir la répression contre les violences homophobes a été jugée inconstitutionnelle, hier, mardi 26 juillet, par le parlement italien. Elle prévoyait notamment la condamnation des gestes, actions et déclarations homophobes.

Fabrizio Cicchitto, député du parti de Silvio Berlusconi Le Peuple de la Liberté, justifie ce rejet en affirmant que «les homosexuels sont des citoyens comme les autres». «Nous ne voulons pas d’une législation qui différencie les individus devant la loi… ce qui est d’ailleurs inconstitutionnel», a-t-il ajouté. La proposition de loi du Parti démocrate (PD, opposition) n’a même pas été débattue par le parlement. Un autre texte censurant la proposition pour cause «d’inconstitutionnalité» a été adopté.

DEUXIÈME REJET
En octobre 2009, la proposition de loi avait déjà été rejetée par les parlementaires italiens. Pour Anna Paola Concia, députée du Parti démocrate, «une majorité du parlement a choisi aujourd’hui de se tenir aux côtés des violents et non des victimes de la violence et de la discrimination». Première parlementaire ouvertement lesbienne, Anna Paola Concia s’était battue pour que le texte soit à nouveau examiné.

Dans un communiqué, l’association LGBT italienne Arcigay dénonce fermement ce vote et fait appel à l’aide de l’Union européenne, «face à cette augmentation extrêmement dangereuse de l’homophobie, de la xénophobie et du racisme que le Parlement italien a encore une fois décidé de légitimer».

L’ITALIE AU BAS DU CLASSEMENT DE L’ILGA
Selon un rapport de l’association Ilga-Europe datant de mai 2011, la situation des LGBT n’avance pas en Italie. L’étude qui portait notamment sur l’efficacité des politiques anti-discriminations et l’égalité de traitement des personnes LGBT, place l’Italie en bas du classement des pays européens en matière de lutte contre l’homophobie. Dans le pays, une seule loi interdit les discriminations en raison de l’orientation sexuelle, elle concerne le monde du travail. De plus, il n’existe aucune reconnaissance légale des couples de même sexe (voir le site de l’Ilga). Enfin rappelons qu’en 2009, une recrudescence des violences homophobes dont Rome avait été le théâtre à la fin de l’été avait généré une mobilisation sans précédent de la communauté LGBT italienne.