Alors qu’une partie de la droite est vent debout contre l’homoparentalité et fait la promotion de son nouveau concept, «la famille durable», Nora Berra, secrétaire d’État à la Santé, défend le statut de coparent dans les colonnes de Libération ce mercredi 27 juillet.

«COMBLER LES VIDES JURIDIQUES»
«Les familles homoparentales sont une réalité, explique-t-elle. Même si certains n’aiment pas qu’on emploie le mot «famille»: il y a bien deux adultes qui élèvent des enfants sous le même toit. Il ne faut pas se voiler la face. Notre responsabilité de politique est de combler les vides juridiques». Pour la secrétaire d’État, le statut de coparent est «une réponse satisfaisante», notamment pour «les couples de même sexe», dans la nécessité d’un «dispositif souple pour partager l’autorité parentale». Mais Nora Berra ne va pas jusqu’à être favorable au droit à l’adoption pour ces mêmes couples: «Cela ne me dérange pas que deux femmes fassent ensemble les démarches pour adopter, si c’est un projet commun, mais en tant que mère légale pour l’une et coparent pour l’autre. Ce qui me dérangerait c’est qu’on parle de «deux mères».»

STATUT DU BEAU-PARENT
Rappelons qu’en 2009, un avant projet de loi sur le statut de beau-parent (comprenant les familles homoparentales) défendu par Nadine Morano, alors secrétaire d’État à la Famille, et pour lequel elle affirmait avoir le soutien total de l’Élysée et de Matignon, avait été abandonné suite à une campagne massive menée par la droite conservatrice, Christine Boutin en tête.

Quant aux associations LGBT, elles réclament la reconnaissance pleine et entière de l’homoparentalité et le droit à l’adoption pour les couples de même sexe. «Les homosexuels n’ont toujours aucun moyen légal – en France – d’avoir des enfants et de fonder une famille», écrivait fin 2010 dans une tribune pour Yagg Mathieu Nocent de l’APGL. Certes, depuis 2002, une loi existe qui concerne le partage de l’autorité parentale entre le parent biologique et un tiers, mais «outre qu’elle ne reconnaît pas au parent social la place qui est la sienne, son application est complexe et soumise aux aléas d’interprétation du juge aux affaires familiales qui est saisi de la demande.»

Enfin, on est en droit de se poser les questions suivantes: pourquoi est-ce la secrétaire d’État à la Santé qui monte ainsi au créneau alors qu’il existe une secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, chargée de la Famille, en la personne de Mme Claude Greff?  Est-ce un moyen pour Nora Berra de se rattraper après sa sortie sur l’homosexualité, «facteur de risque pour le VIH», révélée par Yagg en avril dernier?