Des militants des droits humains ghanéens ont réagi vendredi dernier à l’appel du ministre de la région ouest Paul Evans Aidoo à arrêter tous les homosexuels de la région (lire: Ghana: Un ministre ordonne une chasse aux homosexuels). Ces activistes ont également condamné les manifestations homophobes organisées par l’Église depuis plusieurs mois dans le pays.

«La terreur et la panique règnent actuellement au sein de la communauté LGBT», estime MacDarling Cobinnah, président du Centre ghanéen pour l’éducation populaire et les droits humains, rapporte Reuters Africa. «Je ne comprends pas sur quelles bases ils comptent arrêter les gens dans la rue – sous prétexte qu’ils ont l’air gay?», ajoute-t-il.

FLOU LÉGISLATIF
Selon l’avocat Kofi Abotsi, cité par Reuters Africa, le caractère très vague de la loi – au Ghana, l’homosexualité est interdite sur la base d’une loi condamnant les rapports charnels contre-nature – rend difficilement réalisable l’arrestation de masse préconisée par Paul Evans Aidoo. «La population ne devrait pas s’inquiéter autant parce que cet appel ne signifie pas grand-chose sans contexte législatif», explique-t-il.

POLICE SCEPTIQUE
La police elle-même est sceptique et n’aurait procédé à aucune arrestation depuis l’appel du ministre. «Arrêter ce type d’individus s’avère difficile puisque l’on doit prouver leur délit, soit par une plainte déposée contre l’un d’eux, soit en les surprenant en plein acte», a déclaré Ransford Ninson, le commandant de police de la région ouest, à Reuters Africa.