L’émission Je t’aime pareil revient pour une deuxième saison, sur France Inter, pendant tout l’été. Cette année, elle ne traite pas seulement d’homosexualité (« J’ai assumé d’être homosexuel sur le tard », « J’ai décidé de ne pas cacher mon homosexualité au travail ») mais aussi des différences en général (« Je vis hors de la société de consommation », « Vivre entre deux cultures »).

Marjolaine Koch et Harry Eliezer, toujours aux commandes de ce rendez-vous, en disent plus pour Yagg.

Vous présentez cette année la deuxième saison de l’émission hebdomadaire Je t’aime pareil. En 2010, cette émission avait été motivée par votre envie de creuser la question de l’homosexualité (lire Avec Je t’aime pareil, France Inter parlera d’homosexualité tous les samedis soirs). Quel souvenir vous a laissé cette expérience?
Harry Eliezer:
C’est un souvenir sympa, très agréable. En France, même si on est contre le communautarisme, il existe de fait. C’était intéressant de découvrir un monde dans lequel je n’aurais pas eu l’occasion de pénétrer aussi profondément. On a tous des amis homos mais on n’a pas toujours l’occasion de parler de leurs réalités.
Marjolaine Koch: On a senti qu’on avait atteint notre objectif lorsque, très vite, on a reçu plein de mails de remerciement de la part des personnes concernées. Vers la fin de l’été, nous étions ravis de recevoir des messages de personnes moins directement concernées: c’est vers elles aussi que nous souhaitions aller.

Cette année, l’angle concerne plus largement «ceux qui vivent autrement et qui font fi du regard des autres dans leur choix de vie». Comment cet angle a-t-il évolué?
HE: Naturellement!
MK: Dès qu’on a abordé l’émission l’an dernier avec Philippe Val [le directeur de France Inter, ndlr], il nous a dit «oui, c’est super, mais il va falloir parler des différences en général». La graine était plantée dès le début. Nous voulions parler de toutes ces petites discriminations du quotidien, ces blagues qui semblent anodines mais qui touchent les individus. C’est pourquoi nous sommes allés à leur rencontre et alternons cette année les thématiques traitant de l’homosexualité avec d’autres plus générales.

À partir du «cliché du jour» – un micro-trottoir – les invités réagissent et témoignent de leur propre expérience. Le ton de l’émission est intime, chaleureux… la présenter doit être plutôt agréable?
HE: Oui! Mais pour plein de raisons… D’abord Marjo et moi on est plutôt gais naturellement! [rires]. Je suis le roi des blagues un peu nulles… C’est convivial puisqu’on rencontre les invités avant l’émission, on noue des liens. Eux aussi sont plus à l’aise sur le plateau: nous connaissons leur vie, ils nous l’ont racontée.

Samedi 23 juillet, l’émission sera consacrée à ceux qui ont décidé de ne pas cacher leur homosexualité au travail. Pouvez-vous nous présenter l’émission?
HE: Il y aura trois invités: Jean-Paul Cluzel, qui a été président de Radio France [et qui préside désormais le Grand Palais, ndlr], Catherine Tripon, porte-parole de l’association professionnelle L’Autre Cercle, et Francis Carrier, entrepreneur militant. L’idée, c’est vraiment de voir un petit peu comment ça se passe dans les entreprises et d’avoir des témoignages.
MK: Ce qui est une grosse affaire! Beaucoup de gens assument leur orientation sexuelle au travail mais ne sont pas prêts à venir en parler à la radio.
HE: L’une des problématiques sera: faut-il se dévoiler pour pouvoir faire avancer les choses ou rester planqué pour ne pas avoir à subir les conséquences?
MK: Est-ce possible de dire son homosexualité dans tous les secteurs?
HE: J’en ai parlé avec ma compagne et selon elle, dans le social, ça peut être du suicide!

Je t’aime pareil, sur France Inter, le samedi de 15h à 16h, jusqu’au 27 août, et en podcast.

Photo Radio France/Christophe Abramowitz