Pour la deuxième année consécutive, Yagg a proposé à ses internautes de raconter leur gay pride ou marche des fiertés 2011 à leur façon.

Voici le premier récit reçu à la rédaction après appel à candidatures, celui d’Anne-Marie (sur la photo ci-dessous), qui était à San Francisco en juin dernier. Une sorte de retour aux sources pour elle, puisque c’est dans cette ville, en 1994, qu’elle a assisté à la première gay pride de sa vie, à une époque où elle n’avait pas encore fait son coming-out. Elle raconte, en mots et en images.


LA GAY PRIDE ET LA DYKE MARCH DE SAN FRANCISCO, PAR ANNE-MARIE

San Francisco est la ville de tous les possibles et sa Gay Pride en est l’expression la plus évidente. Des quelques villes que je connais aux États-Unis, elle est de très loin celle que je préfère. C’est la première ville des États-Unis où je suis allée pour mes études et c’est là que j’ai vu la toute première Gay Pride de ma vie, en 1994. À ce moment-là, je n’avais pas encore fait mon coming-out, mais cette expérience extraordinaire m’a servi d’électrochoc puisque quelques mois plus tard, j’ai rencontré la première femme de ma vie et j’ai enfin pu vivre pleinement ce que je niais jusque-là.

La Gay Pride de San Francisco est donc plus chère à mon cœur que celles de Paris, d’Amsterdam ou même de Sydney auxquelles j’ai eu la chance d’assister, et la perspective d’en être une nouvelle fois spectatrice, 17 ans plus tard, était plus qu’attirante. J’avais bien entendu peur d’être déçue, comme on peut l’être après avoir fantasmé sur quelque chose ou quelqu’un pendant longtemps. J’appréhendais également les réactions de ma compagne actuelle, avec laquelle je suis pacsée depuis près de huit ans. Qu’elle puisse ne pas apprécier la Gay Pride de San Francisco m’inquiétait un peu, car je voulais qu’elle partage véritablement ce moment avec moi.

Mais San Francisco a tenu toutes ses promesses: j’ai éprouvé des émotions très fortes, comme la première fois, et ma compagne a compris pourquoi j’étais si fascinée par cette Gay Pride. Il faut dire que toute la ville participe à l’événement, ou plutôt aux événements puisque San Francisco célèbre en fait (comme d’autres villes aux États-Unis, d’ailleurs) le « mois de la Fierté » en juin, le point culminant étant la parade qui se déroule le dimanche du dernier week-end. C’est ainsi que de nombreux spectacles, concerts et événements LGBT (comme le festival du film Frameline au cours duquel Tomboy, de Céline Sciamma a obtenu cette année le prix du public dans la catégorie long-métrage) rythment la vie de San Francisco pendant un mois.

Accompagnée de mon amie, et de Coco bien entendu (petite référence à ma vidéo…), je suis arrivée sur place le 21 juin et Market Street, la rue principale du centre-ville, était déjà pavoisée de rainbow flags. J’ai découvert, deux jours plus tard, que la mairie de San Francisco arborait également le drapeau arc-en-ciel à son fronton, à l’endroit même où se trouve d’habitude le drapeau américain!

Le week-end festif était annoncé un peu partout dans les journaux, sur des affiches dans la rue et dans les transports en commun. Les devantures de nombreux magasins étaient décorées aux six couleurs du drapeau. Et bien entendu, le quartier gay du Castro était envahi de drapeaux arc-en-ciel et d’affiches annonçant diverses parties. Cette année, les organisateurs sont même allés jusqu’à déployer un immense triangle de tissu rose sur les Twin Peaks, les collines qui surplombent la ville, pour plus de visibilité!

Le week-end des 25 et 26 juin s’est déroulé en deux temps forts.

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