Suite aux propos tenus par Jacques-Alain Bénisti assimilant l’homosexualité au viol lors de l’émission Politique Matin sur LCP, l’association Total Respect a saisi le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et lancé une souscription publique pour financer une action en justice à l’encontre du député UMP pour propos homophobes (lire: Un député UMP assimile le mariage des couples homosexuels à la légalisation du viol).

«Nous en avons tout simplement marre de prendre des coups à la télévision sur une antenne nationale, marre que les personnes qui s’autorisent à le faire aient un sentiment d’impunité», explique David Auerbach Chiffrin, secrétaire général de Total Respect, interrogé par Yagg.

Ces démarches sont également motivées «par le souci des plus jeunes, qui, en période de questionnement identitaire, ne disposent pas forcément des outils intellectuels pour prendre de la distance avec de tels propos. Un représentant du peuple crache la haine à des jeunes homos, chez qui, rappelons-le, le taux de suicide est 5 à 15 fois plus élevé que chez les jeunes en général».

UN PARLEMENTAIRE RÉPOND A L’APPEL
Étant donné que LCP ne dépend pas du CSA mais du Sénat et de l’Assemblée nationale, Total Respect a lancé un appel à l’ensemble des parlementaires afin de sanctionner la chaîne pour défaut de maîtrise de l’antenne. Sur 920 parlementaires, Jean-François Voguet, sénateur PCF et maire de Fontenay-sous-Bois, est le seul a avoir répondu à cet appel. Il a saisi le président du Sénat Gérard Larcher, dénonçant «un amalgame et une insinuation malveillante» utilisés par Jacques-Alain Bénisti pour «disqualifier le mariages des couples de même sexe». Le sénateur suggère à Gérard Larcher de «réunir en urgence le conseil d’harmonisation et d’arbitrage de LCP» et encourage Total Respect à saisir la justice.

VIDE JURIDIQUE
Bien que le principe de l’émission Politique Matin soit de laisser les invités débattre sans intervention du présentateur, pour David Auerbach Chiffrin, le silence de Patrick Chêne demeure problématique. «Les principes fixés par le CSA sont clairs: si un propos discriminant est tenu lors d’une émission diffusée en direct, le présentateur se doit d’intervenir. Il doit maîtriser son antenne. Certes, la chaîne LCP ne dépend pas du CSA, chargé d’appliquer les directives européennes. Cependant, nous avons entrepris de faire constater ce vide juridique et saisi toutes les instances susceptibles d’être compétentes (le CSA, le conseil d’harmonisation et d’arbitrage et le bureau de l’Assemblée nationale). Nous avons également demandé un droit de réponse à LCP, qui n’a pas répondu depuis maintenant plus d’une semaine, ce qui nous donne le droit de saisir le tribunal de grande instance».

Contacté par Yagg, le CSA confirme que «la chaîne LCP n’est pas surveillée par le CSA: si elle désire un droit de réponse, l’association doit se tourner directement vers la chaîne et saisir les tribunaux si elle souhaite mener une action en justice». Quant à la chaîne LCP, elle n’a pas pour le moment donné suite à nos demandes d’informations.