Pour SOS Homophobie, le rapport des députés UMP est un « retour en arrière ». Présenté comme les 30 proposition sur la famille, le texte prévoit notamment de « maintenir une différence subjective et créancière de droits entre le PACS ou le concubinage et le mariage ».

En ce qui concerne l’adoption, le texte en appelle à l’intérêt de l’enfant: « Avoir deux parents de sexe différent étant un bien élémentaire de l’enfant, prioriser l’adoption par les couples ou par les célibataires du cercle familial. » Les arguments ne tiennent pas, pour SOS Homophobie: « Une fois encore, l’absence d’argumentation est criante, seule la valeur judéo-chrétienne de la famille hétérosexuelle érigée en modèle sacré par ce parti, pourtant laïc, est invoquée. L’intérêt supérieur de l’enfant est d’avoir des parents qui l’aiment, quelque soit leur sexe ou leur orientation sexuelle. »

« UNE LOGIQUE DE HIÉRARCHISATION »
Contactée par téléphone, Nathalie Mestre, présidente de l’association Les Enfants d’Arc en ciel, se déclare choquée que des parlementaires appuient leur argumentation sur le fait majoritaire. « On légifère sur le droit commun, pour le bien de tous, pas pour une partie, fut-elle majoritaire, de la population ». Pour elle, ce texte est basé sur des « préjugés » et une logique de « hiérarchisation ». « Remettre sur le tapis le principe de l’altérité, un papa, une maman, mais dans quel monde vivent-ils? s’interroge Nathalie. « Ils oublient complètement la protection de l’enfant » regrette-elle.

Les deux associations insistent sur le fait que les homos ne réclament pas des droits spécifiques, mais bien l’égalité des droits et la sécurité juridique pour les enfants nés et qui grandissent dans des familles homoparentales.

« UNE POSTURE ÉLECTORALISTE »
Contacté par mail, Alexandre Urwicz, coprésident de l’Association des familles homoparentales, nous a fait parvenir sa réaction: « Ces idées défendues par quelques parlementaires surfant sur une vague idéologique proche de celle du FN n’impliquent pas l’UMP et correspondent à une posture électoraliste. Espérons que les cadres de ce parti saurons défendre la liberté individuelle d’aller, d’être et d’agir comme la République le permet. Ce n’est pas en remettant en cause des libertés acquises que la France se grandira. En voulant rayer d’un trait l’idée même des familles mono et homoparentales et en brandissant comme modèle un diktat familial, ces parlementaires prennent un chemin inquiétant qui rappelle certaines définitions de l’ordre moral, social et idéologique d’un passé récent. »
Sur le même sujet, Tjenbé Red et Act Up-Paris ont publié leur réaction sur leur blog sur Yagg.

Lire sur le blog Makoumé: « Quand on écrit à l’UMP, c’est le Front national qui répond »

Lire sur le blog d’Act Up-Paris: « Pour le bien-être des enfants, l’UMP doit mettre en place une police du projet familial durable et retirer aux parents célibataires la garde de leurs enfants »

[Mise à jour. 18/07/11] L’APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), qui s’étonne de ne pas avoir été sollicitée par le groupe de travail en question, déplore le fait que l’UMP laisse «une nouvelle fois la parole à sa frange la plus extrémiste et réactionnaire». Elle demande publiquement à Jean-François Copé de se prononcer sur les conclusions du rapport «afin que chacun sache si c’est cette représentation de la famille que l’UMP souhaite défendre l’an prochain», lors des différentes échéances électorales.

Le NPA publie un communiqué dans lequel il affirme que ces propositions se fondent sur les «préjugés homophobes les plus crasses», illustrant «l’aspect politique de l’exclusion des personnes LGBT basé sur l’hétérosexualité comme norme intangible, la domination des femmes et la réduction de la sexualité à la reproduction». Pour le Nouveau parti anticapitaliste, l’UMP confirme son «credo d’Union pour le Machisme et le Patriarcat au service d’une société hétérocentré».