Elles aiment l’Apéro des losers, les belles femmes, la grammaire et en ce moment le foot un peu plus que d’habitude. Ce soir à 18 heures, les yaggeuses Caro, Cat et Septembre regarderont la demi-finale de la Coupe du monde entre la France et les États-Unis. Elles vivent assez joyeusement ce Mondial bordé par l’aventure des Bleues qui se sont hissées pour la première fois de leur histoire à ce stade de la compétition. Les Bleues mais aussi les autres équipes.

La rencontre avec le foot de ces trois yaggeuses, parmi les plus actives de la communauté, ne date pas d’aujourd’hui. Caro est supportrice de l’Olympique lyonnais des garçons comme des filles victorieuses de la Ligue des champions 2011; elle a également eu un aperçu des gradins d’un petit club, quand une amie l’emmenait voir des rencontres amateures à Mitry-Mory. C’est sa première Coupe du monde féminine, elle a pris un abonnement mensuel sur Eurosport pour suivre les matches. Elle a particulièrement apprécié le match États-Unis/Suède, dans les poules de qualification. Septembre se souvient d’une rencontre «il y a deux ou trois ans à Compiègne. Joël Bats (ancien gardien des Bleus) avait organisé un match entre l’équipe de France et une formation locale». Déroute de l’équipe locale mais ambiance «super sympa». Le foot, Septembre, fan de tennis, connaissait déjà, côté garçons. Depuis toute petite, elle regarde les grands événements, Coupe du monde, Coupe d’Europe.

Quand à Cat, elle a fait connaissance avec le ballon rond sur un terrain. Elle fut milieu offensif, attaquant aussi bien la balle que les clichés véhiculés autour d’un sport pratiqué par des filles.

«ÉMOTION COLLECTIVE»
Toutes trois évoquent «l’émotion collective» de cette compétition médiatisée cette année en France grâce à la performance des Bleues: «Je suis ravie que l’on donne à ce sport une autre image, confie Septembre. Les femmes sont tellement à l’écart de ce sport, comme s’il y avait des «gender sports». Avec cette Coupe du monde, il y a un basculement assez rapide dans les perceptions que les gens peuvent avoir du corps féminin, sur sa fragilité et en même temps sur le côté garçon manqué des filles qui font du sport. Un double cliché, en somme. Tout à coup on ne se pose plus la question. Ce ne sont plus des filles qui jouent au foot, mais des joueuses de football au sens neutre du terme».

Pour Caro, il y a moins de physique, beaucoup de technique et surtout «des filles qui se donnent à fond»: «J’adore, c’est tellement beau à voir». Elle mesure le chemin accompli, évoque un webdocumentaire d’Arte sur le foot féminin: «Quand je pense qu’elles avaient été interdites de porter des crampons!»

«Les joueuses ont beaucoup progressé, note Cat. Ce sont des athlètes. Techniquement, il n’y a rien à envier aux mecs.» Elle admire aussi la ferveur populaire autour de l’événement, des stades pleins, «une communion entre le public et les joueuses qui est très agréable à regarder».

UN TOURNANT?
L’épopée bleue marque-t-elle un tournant dans l’avenir de ce sport en France? «Cela va dépendre des Bleues mais sur un plus long terme, poursuit Cat. Si elles continuent à avoir des résultats exceptionnels cela pourrait prendre, mais je ne suis pas sûre que la France soit prête. C’est un peu comme avec l’Italie et l’Espagne. Voilà deux grands pays de football (respectivement vainqueurs 2006 et 2010 de la Coupe du monde masculine), leur foot féminin est aussi confidentiel.»

Leur pronostic pour ce soir? Cat, tout en réalisme – amoureux quand même – rêve d’une finale Suède/États-Unis, «même si les Japonaises jouent très bien», tempère-t-elle. Tout en émotion assumée un brin chauvine, Septembre parie ce soir sur une victoire française avec une Coupe du monde à la clef dimanche en finale. Caro est dans une même vision passionnée et amusée: une finale France/Suède. La France gagne à la fin.

Perdantes ou gagnantes, les Bleues ne disparaitront pas ce soir. Samedi, à partir de 17h30, la «petite finale» désignera les médaillées de bronze de ce Mondial. La finale, elle, se jouera dimanche, à partir de 20h45. Et quoi qu’il arrive, les Françaises reviendront très vite. Elles sont d’ores et déjà qualifiées pour les Jeux olympiques de Londres, en 2012, après, il y aura les qualifications pour l’Euro 2013. Le sport ne s’arrête jamais, en espérant que celui-ci reste visible.

Ce soir à 18 heures:, France/États-Unis, sur Eurosport et Direct 8 et à 20h45, Japon/Suède, sur Eurosport.

Un groupe où parler sport sur la communauté: Le sport c’est ma came (même assis dans mon canapé)

Photo F.F.F.