C’est le 29 juin que Étienne Apaire, le président de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) annonce vouloir interdire la vente des poppers en France. Sans attendre, le même jour, le directeur général de la santé signe un arrêté pour modifier la réglementation. Le texte a été publié le 7 juillet dernier au Journal officiel.

« RISQUE DE PHARMACODÉPENDANCE OU D’ABUS »
La décision du ministre s’appuie sur une proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé qui vise à soumettre les poppers à une partie de la réglementation des stupéfiants, en raison « d’un risque accru de pharmacodépendance ou d’abus ». L’arrêté indique que l’offre et la cession des poppers au public sont interdites. Cela concerne tous les produits qui contiennent des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères. Les médicaments qui contiennent ces molécules ne sont pas concernés par cette interdiction. Provoquant une sensation d’euphorie, les poppers sont souvent utilisés en soirée ou lors des relations sexuelles. Popularisés par les gays dans les années 70 et 80, les poppers à base de nitrite d’alkyle, seuls autorisés en France, sont aujourd’hui plus largement consommés.

Le 30 juin dernier, le Sneg s’était élevé contre ce projet d’interdiction, dont il condamnait le « caractère répressif ». Le Syndicat n’a pas été consulté par Étienne Apaire et Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, comme il le réclamait.