Quatre des cinq militante-s arrêté-e-s ce matin (et non 4 comme nous l’avions d’abord écrit) devant l’ambassade de Russie ont été libéré-e-s en début d’après-midi, a appris l’un d’eux, Louis-Georges Tin, à Yagg. En revanche, les policiers auraient confirmé aux activistes que Nikolai Alekseev serait gardé à vue pour outrage à policier.

Nikolai Alekseev, Louis-Georges Tin, Audrey Grelombe et Eric Marty d’Act Up-Paris et le photographe Charles Meacham sont arrivé-e-s ce matin à l’ambassade pour remettre la pétition lancée par AllOut.org, ont sonné à l’interphone, a expliqué Louis-Georges Tin. La police qui était là en faction leur a dit de se séparer pour ne pas être rassemblé-e-s devant l’ambassade, ce qui pourrait être considéré comme illégal. Quelques minutes plus tard, deux cars de police et deux voitures de police sont arrivées devant l’ambassade, selon Audrey Grelombe, et les policiers ont arrêté les activistes sur le champ et de façon brutale.

«Nikolai a été rudoyé, a souligné Louis-Georges Tin». Nikolai Alekseev se trouve toujours au commissariat du 4e arrondissement, suite à une altercation avec un policier, altercation dont Nikolai ne serait pas à l’origine, selon Louis-Georges Tin. Il est gardé à vue et pourrait être poursuivi pour outrage à agent.

«La France critique la Russie quand celle-ci interdit la Pride, mais se comporte comme elle en arrêtant ceux qui défendent la liberté», a commenté Louis-Georges Tin. De son côté, Audrey Grelombe, qui explique que les policiers les ont fouillé-e-s et ont même voulu prendre leurs empreintes digitales, s’est dite extrêmement choquée par l’atttitude de certains policiers.

[mise à jour, 17h20] Dans un communiqué, le Comité Idaho, présidé par Louis-Georges Tin, se dit «tout à fait scandalisé par l’attitude incompréhensible de la police française», «demande la libération immédiate de Nikolai Alekseev, et réclame des explications au ministère de l’Intérieur, qui met d’ailleurs en porte-à-faux le ministère des Affaires étrangères. En effet, la France critique la Russie, mais fait pareil. Ainsi, cet incident donne de la France une image désastreuse au niveau international. Dans le monde entier, Nikolai Alekseev et Louis-Georges Tin ont pu s’exprimer pour défendre la Moscow Pride. Les deux pays où ils n’ont pu le faire librement, les deux pays où ils ont même été arrêtés, sont la Russie et la France».

De son côté, Act Up-Paris «exige la libération immédiate de Nikolai Alekseev» et l’abandon des «poursuites ridicules» à son encontre. «Nous exigeons la légalisation de la Pride de Moscou et appelons plus que jamais à un rassemblement devant l’ambassade de Russie à Paris ce vendredi 8 juillet à 19h», conclut l’association.

[mise à jour, 9 juillet, 12h17] Nikolai Alekseev a été libéré vers 22 heures hier, vendredi 8 juillet, après avoir passé une dizaine d’heures au commissariat. Le Comité Idaho dénonce «des conditions [de garde à vue] scandaleuses, à la limite de la légalité» et «persiste à demander des explications au ministère de l’Intérieur et au ministère de la Justice».

[12h27, mise à jour du titre]

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Photos Chad Meacham/Walk With Pride