Edson Cosmas – alias Eddy –, activiste homo menacé d’expulsion du Royaume-Uni vers la Tanzanie (lire Au Royaume-Uni, un demandeur d’asile gay pourrait être renvoyé en Tanzanie), a été libéré mardi 5 juillet du centre de détention d’Harmondsworth, où il était détenu depuis le 26 mai, rapporte LGBT Asylum News.

Le demandeur d’asile tanzanien échappe aussi à la procédure de «fast track» («voie rapide») – qui réduit fortement les droits et les délais de recours des demandeurs/euses d’asile – et a obtenu une nouvelle audience prévue le 5 septembre. Tout au long de son enfermement, il a été soutenu non seulement par son association, Movement for Justice, mais aussi par AllOut.org et 38 Degrees.

Le cas d’Eddy est emblématique de la manière expéditive dont les demandes d’asile des LGBT sont traitées. Les magistrats n’ont eu de cesse de décrédibiliser Eddy, remettant en cause son homosexualité et allant jusqu’à nier les dangers que la communauté homosexuelle encoure en Tanzanie – où les relations sexuelles entre hommes sont punies de 5 ans d’emprisonnement.

UN DERNIER CAUCHEMAR
La veille de sa libération, Eddy a vécu un dernier cauchemar. Samedi 2 juillet, un gardien l’informe qu’il sera transféré, sans préciser l’endroit. Lundi soir, des gardiens viennent le chercher, prétextant une rencontre avec un magistrat. Une dizaine d’hommes le forcent à monter dans un fourgon pour le transférer. Eddy se débat: il a une audience prévue le lendemain. Les gardiens le conduisent dans un centre de détention jouxtant l’aéroport. Ils le maintiennent toute la nuit dans l’aire d’attente, privé de ses effets personnels, de lit et de tout moyen de communication. À 5h du matin, ils le reconduisent à Harmondsworth. Très affecté, Eddy se rend à son audience. Le juge a été prévenu des événements avant sa comparution.

Photo LGBT Asylum News