Samedi prochain, Marseille sera l’avant-dernière ville de France à faire sa marche officielle cette année, avant Le Mans le 9 juillet. La ville, qui accueillira l’EuroPride en 2013, s’était faite remarquée l’an passé par ses deux marches LGBT.  Pour Yagg, Christophe Lopez, président de Tous &Go, l’association organisatrice de cette Lesbian & Gay Pride, en dit plus sur la seule et unique marche du 2 juillet, la préparation de l’EuroPride et le partenariat avec l’Olympique de Marseille.

Quel est le mot d’ordre de la Marche cette année? Dans quelle optique êtes-vous? Cette année, l’association organisatrice de la Marche, Tous&Go a choisi de marcher sous le mot d’ordre national, «Pour l’égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote». Tous&Go a contribué à choisir ce mot d’ordre lors d’une Assemblée générale de la Coordination Interpride de France. Nous avons tous défendu l’idée qu’il était important, à la veille de l’élection présidentielle, de se mettre d’accord sur un mot d’ordre qui serait national. L’association Tous&Go a donc défendu ce mot d’ordre pour une marche marseillaise extrêmement politique et extrêmement engagée.

L’année dernière notre association organisait la Marche de Marseille pour la première fois, 30 organisations ont défilées en 2010. En 2011, 60 organisations seront présentes. Cette année, nous constatons une véritable mobilisation, même des hommes politiques. Nous sommes très heureux de la présence samedi, pour la première fois, de Jean-Noël Guerini, président PS du conseil général des Bouches-du-Rhônes. Nous sommes également très contents du soutien important de Patrick Mennucci, actuellement maire PS du premier secteur de Marseille. Grâce à lui nous allons organiser une vraie journée de fête dans toute la ville, la rue de Rome sera piétonnisée, les commerces décorés, des ateliers-maquillages seront installés, et il y aura des stands de prévention dans les rues de la ville. Nous allons vraiment pouvoir faire notre travail associatif qui est un travail pédagogique, de sensibilisation contre toutes les discriminations. Par contre, nous sommes toujours dans l’attente d’une information concernant la présence ou non du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP). Il ne s’est toujours pas manifesté.

Combien de personnes attendez-vous pour cette journée? Au vu de l’ampleur de la mobilisation nationale, nous attendons une très forte participation, entre 15 et 20000 personnes. L’année dernière, la marche faisait environ 3 kilomètres de long. Cette année, beaucoup d’associations de France nous ont rejoints, comme le Centre LGBT de Nice et l’association des homosexuels musulmans de France (H2MF) qui participera pour la première fois. Nous sommes très heureux de les accueillir. Notre énergie semble être communicative. Pratiquement tous les syndicats de France seront présents et toutes les tendances politiques seront représentées, avec notamment la présence de GayLib. Ce sera une belle journée ensoleillée en perspective.

L’année dernière, deux marches avaient été organisées. Le climat se serait-il apaisé cette année? L’année dernière était une année obligatoire de transition durant laquelle les règles et la structure organisatrice ont changées. Il fallait passer par cette mauvaise étape qui a malheureusement été exposée aux yeux de tout le monde. Ceci dit, cela a attiré l’attention sur Marseille… Et il est vrai que le Collectif des fiertés de Provence, qui avait organisé la seconde marche, s’est assagi cette année. La famille n’est pas encore unie et aimante mais en voie de découverte, il y a un véritable effort de discussion. La 3e année sera la bonne année. Cette année il est question de cimenter, avec des personnalités diverses.

Marseille accueillera l’EuroPride en 2013. Comment préparez-vous cet événement? Nous organisons des tables rondes dans l’idée de créer une structure qui sera composée de beaucoup de membres du tissu LGBT français. Nous travaillons notamment avec des anciens membres de la Lesbian & Gay Pride Marseille. Ce sera une très grosse structure et nous voulons faire les choses sérieusement. L’EuroPride coûtera environ 1,5 million d’euros. C’est une affaire de professionnels, de partenaires. Il faut vraiment que les gens s’engagent, car en plus, l’EuroPride aura lieu pendant que Marseille sera la capitale européenne de la culture. Pour faire vivre cette EuroPride, il faudra donc trouver des ressources ailleurs que dans les collectivités locales, qui auront déjà beaucoup investi dans la culture.

L’association Tous&Go s’est engagée dans un partenariat avec l’Olympique de Marseille pour lutter contre l’homophobie et des discriminations. Comment est née cette initiative et en quoi consiste-t-elle? Tous&Go est une association engagée sur toutes les formes de discrimination et cela faisait longtemps que nous nous intéressions à l’homophobie et aux discriminations dans le sport. L’affaire de la banderolle, brandie par des supporteurs de l’OM sur laquelle était inscrit «bandes de tafiolles soyez des hommes» a constitué l’occasion d’entrer en contact avec l’Olympique de Marseille pour commencer à discuter sérieusement de la création d’un partenariat pour agir auprès des jeunes dans les centres de formation de l’OM, et auprès des supporteurs.

Nous avons le projet d’intervenir activement dès septembre auprès des joueurs et des supporteurs. Nous allons également organiser un match contre les discriminations dont les fonds seront reversés à une action grand public contre les discriminations. Des panneaux «Coups francs contre les discriminations et l’homophobie» seront également déposés dans les boutiques de l’Olympique de Marseille qui sont visitées par environ un million de personnes par jours. C’est une opération que nous avons mise en place avec les responsables de ces boutiques.

Nous sommes très contents de ce partenariat, nous avons trouvé une écoute, une volonté de s’ouvrir. Marseille n’est pas une ville homophobe ou raciste, ni l’Olympique de Marseille, mais on peut imaginer que le football est à l’image de la société française et que oui, il y a de l’homophobie partout.

Découvrez ci-dessous le teaser de la soirée officielle, avec Mammy Rock:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Pride Tour 2011 – Mammy Rock