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Culture & Loisirs, Notre histoire | 27.06.2011 - 11 h 50 | 1 COMMENTAIRES
« Le Gai Tapant »: Revoir Jean Le Bitoux et les années « Gai Pied »
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Les réalisateurs Goa et Voto nous parlent de leur documentaire "Le Gai Tapant", consacré à ce grand militant de la cause homosexuelle, mort le 21 avril 2010.

Les réalisateurs Goa et Voto nous parlent de l’émouvant et passionnant documentaire Le Gai Tapant, consacré à Jean Le Bitoux, mort le 21 avril 2010 et dont le DVD sort le 28 juin. Grand militant de la cause homosexuelle, Jean Le Bitoux fut le créateur du magazine Gai Pied.

D’où vous est venue l’idée de faire un film autour de Jean Le Bitoux?
Goa Jean était notre ami. Voto le connaissait depuis 30 ans et moi depuis seulement une petite année. Très rapidement, une complicité à trois s’est installée et nous avons décidé de nous voir tous ensemble chaque jeudi. Avec Voto, nous le chahutions sur son passé pendant qu’il ironisait sur notre avenir. Ce qu’il nous livrait de son expérience de militant, autant que de son intimité d’homme nous est apparu comme très précieux. Nous avons rapidement sorti des petites caméras pour capturer ces moments de confidences. Le Gai Tapant est né comme ça, d’une envie simple partagée sur un bord de canapé, entouré de bières et de chips. Un joyeux bordel d’amitié et de confrontations de caractères.

Voto Bien avant l’idée du Gai Tapant, nous avions déjà bouclé quelques clips sur Gai Pied, ses amis, ses combats, et surtout autour de son dernier compagnon, Ladri, qui s’est présenté au tribunal avec nos images pour prouver qu’il partageait bien la vie de Jean pour ne pas être raccompagné à la frontière.

Comment avez-vous fait le choix des témoins qui parlent de Jean Le Bitoux?
Voto Pour illustrer de la manière la plus large l’entourage de Jean, nous avons décidé d’interviewer l’un de ses ennemis (Didier Lestrade), l’un de ses proches (Michael Sibalis) et l’un de ses successeurs (Louis-Geoges Tin). Le militant radicaliste, Didier, exprime son désaccord avec Jean tout en nous confiant qu’une solidarité combative lie quand même l’ensemble des militants. Historien et sociologue, Michael a déjà écrit sur Jean. Enfin, Louis-Georges exprime le rapport politique et reste dans le sillage de Jean puisqu’il doit s’occuper du futur centre d’archives.

Jean Le Bitoux a-t-il contribué, au-delà du témoignage, à l’élaboration du film?
Goa En nous accordant sa confiance, il a contribué à ce que dans Le Gai Tapant, nous n’ayons pas seulement accès à l’homme public, mais aussi à l’ami, à l’homme drôle et tendre qu’il était. Jean n’aimait pas perdre le contrôle et il l’acceptait en notre présence, ce qui est une vraie générosité qui se voit dans le film.
Voto Pendant trois ans, nous avons beaucoup dialogué tous les trois autour de l’importance et la durée des chapitres. Nous avons tout débattu bien que nous étions tous d’accord pour que ce film intéresse au-delà de la communauté. Quand Jean était fort, il jouait les coups de force, et quand il était fragile, il tentait la refonte complète, mais nous nous sommes toujours beaucoup considérés. Un soir Jean m’a confié qu’il s’était engueulé avec tout le monde sauf avec moi. Il n’empêche que jusqu’au bout de sa vie, Jean a bataillé pour corriger le film. Ces derniers écrits dans sa chambre d’hôpital concernaient Le Gai Tapant. Nous avons gardé son dernier cahier rempli de suggestions et d’éventuels rajouts. Hélas, il se rendait trop souvent compte que ses complices étaient bien souvent morts, disparus ou fâchés.

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LES réactions (1)
  • Par Phan Bigotte 28 juin 2011 - 15 H 39
    Avatar de Phan Bigotte

    [ ... ]  » Louis-Georges exprime le rapport politique et reste dans le sillage de Jean puisqu’il doit s’occuper du futur centre d’archives  » [ ... ]
    ===>
    il serait bien utile, pour l’histoire, d’obtenir quelques explications de M. Jean Le Bitoux sur son très cher projet de Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris (CADHP).
    Les 100.000 euros de subvention (par la Mairie de Paris en 2002) dépensés (dont une partie en salaires pour M. Jean Le Bitoux), puis la fermeture de son local, qui n’a jamais été ouvert au public (car « ne pouvant plus payer le loyer », l’Association de Préfiguration CADHP a rendu son local à la Régie Immobilière de la Ville de Paris)
    et résultat du bilan : un rapport de préfiguration (de 80 pages de généralités qui ne font pas une étude de faisabilité) sous-traité à un cabinet de consultant…
    ===> ===>
    Alors qu’avec nos modestes moyens personnels, depuis plus de dix ans nous avons réussi à sauver plusieurs dizaines de milliers de documents LGBT et/ou sur les LGBT, le genre, le sexe, la sexualité et le sida…
    et nous avons besoin, non pas plusieurs centaines de milliers d’euros pour se salarier, mais seulement un grand local pour mettre immédiatement nos archives à la disposition du public !
    http://www.archiveshomo.info/archives/conservatoire.htm
    .

     
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