cameroun-drapeauAu cours du mois de mars, deux jeunes filles du lycée de Soa, à Yaoundé, ont contacté l’Association pour la défense des homosexuel-le-s (Adefho) et Sid’ado. Toutes deux ont été exclues définitivement après qu’un étudiant a montré au proviseur une vidéo d’elles au cours d’une relation sexuelle. Depuis, elle n’ont pas rejoint d’autre lycée, d’après les informations dont dispose Adhefo, contactée par Yagg.

Les nouvelles à leur sujet sont très parcellaires: comme l’explique Stéphane Koche, bénévole à Adefho, «elles ne sont jamais venues aux différents rendez-vous, avec des femmes pourtant, que nous avons pris avec elles». Peur? Timidité? «Elles ne semblent pas être pressées de dire davantage de choses sur leur situation», se résigne-t-il.

Il faut dire que leur vie aurait basculé du jour au lendemain, dans un pays où l’homosexualité est illégale et très mal perçue. Avant leur renvoi, elles vivaient ensemble mais taisaient leur relation amoureuse. D’après Adefho et Sid’ado, l’une d’elles était particulièrement «courtisée», mais «refusait toute avance». Elle aurait finalement expliqué les raisons réelles de son refus à l’un de ses courtisans qui lui aurait alors proposé d’éloigner les soupçons en se faisant passer pour son petit ami. Les deux jeunes filles ont accepté, mais le jeune homme en aurait profité pour les filmer sans leur consentement et aurait ensuite montré la vidéo au proviseur qui aurait renvoyé le couple.

Depuis, plus de nouvelles. Yagg a tenté de joindre le lycée où étudiaient les jeunes filles, mais il semble fermé du fait des congés scolaires. Stéphane Koche a tout de même appris qu’au moins «l’une d’entre elles a composé son examen, le BEPC, en tant que candidate libre. Et il y a de fortes chances pour que ce soit le cas pour sa compagne». Elles seraient également retournées dans leurs familles, mais on ignore la réaction de leur entourage. Les deux associations qui militent aux côtés des personnes LGBT au Cameroun déplorent cette situation dans un pays où «soi-disant, il existe des droits pour tous et sans distinction».