Invité dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, où il était interviewé par Jean-Michel Aphatie, Etienne Mougeotte et Eric Revel, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé s’est dit favorable à l’égalité des droits. Mais pas totalement, parce que le terme de «mariage» doit selon lui être réservé aux couples hétérosexuels. Quant à l’adoption par des couples homosexuels, il n’y est «pas encore».

Le sujet de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe est évoqué à partir de la 50e minute de l’émission. La position d’Alain Juppé a beau être une avancée par rapport à nombre de députés UMP (est-il encore besoin de nommer Brigitte Barrèges, Christian Vanneste, Jacques Myard ou Jacques-Alain Bénisti?), on sent que l’ancien Premier ministre tient à ménager une frange conservatrice de son électorat. Après que Jean-Michel Aphatie lui a rappelé les résultats du sondage Ouest-France indiquant que 63% des personnes interrogées sont favorables à la possibilité pour des couples homosexuels de se marier, Alain Juppé a déclaré: «J’ai évolué. Je pense qu’il faut donner aux homosexuels exactement les mêmes droits qu’aux hétérosexuels».

Il faut croire que la Marche des Fiertés de la veille a eu quelque effet. Mais pas encore assez manifestement puisque le ministre poursuit: «Est-ce qu’il faut appeler ça un mariage? J’aurais préféré qu’on fasse preuve d’un peu plus de créativité et qu’on trouve un nom différent». Les mêmes droits, les mêmes obligations, mais pas le même nom? Faut-il rappeler au maire de Bordeaux qu’il s’agirait là d’une discrimination? Certains n’ont visiblement pas prêté l’oreille à la chronique de Sophia Aram sur France Inter.

Dans un élan spontané – aucun journaliste n’a posé de question à ce sujet –, Alain Juppé précise toutefois qu’il n’a pas encore assez évolué pour se prononcer en faveur de l’adoption par des couples homosexuels. Le ministre donne rendez-vous «dans cinq ans ou dans dix ans, quand les mœurs évolueront». Que penserait le même ministre si les électeurs décidaient de voter pour le candidat de l’UMP dans cinq ou dix ans, quand les mœurs évolueront?