La soirée organisée par le Caelif et par le Caad à Sciences Po a démarré sur la présentation du sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour Ouest-France par Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondage.

SEULEMENT 41% DES SYMPATHISANTS DE DROITE SONT POUR LE MARIAGE
63% des Français-e-s sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels et 58% à l’adoption par les couples homos. Les 18/24 ans sont les plus favorables (76% pour le mariage, 72% pour l’adoption) et les plus âgé-e-s ne sont que 46% à être favorables au mariage et 43% à l’adoption.  Mais les plus forts clivages sont liés à la tendance politique: si 82% des sympathisant-e-s de gauche sont favorables au mariage et 70% à l’adoption, seulement 41% des sympathisant-e-s de droite sont favorables au mariage et 37% à l’adoption.

«LES HOMOS NE SONT PAS MASO»
Tout aussi intéressant était l’analyse présentée par Frédéric Dabi sur le vote gay. À partir de la compilation de nombreuses enquêtes, Frédéric Dabi a pu affirmer que les homos sont plus politisés que les hétéros et que 50% votent à gauche. En 2007, Ségolène Royal avait obtenu 32% des voix des homos au premier tour de la présidentielle, loin devant Nicolas Sarkozy. Ian Brossat a alors lancé: «Les homos ne sont pas maso, ils votent pour la gauche qui est bien meilleure pour les droits LGBT».

La tâche n’était donc pas facile pour l’intervenant représentant l’UMP au débat. Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile-de-France, s’est exprimé en faveur du mariage et de l’adoption, mais a reconnu qu’il fallait encore convaincre sa famille politique. Il s’est dit très choqué par les propos de Brigitte Barèges ou de Christian Vanneste et serait pour leur exclusion du parti.

«LUTTER CONTRE LA SOUFFRANCE»
Brigitte Girardin, ancienne ministre et proche de Dominique de Villepin, a rappelé que le combat pour l’égalité visait à mettre fin à la souffrance vécue par les homosexuels: sursuicidalité, homophobie. Ian Brossat pour le Front de gauche et Gilles Bon Maury pour le PS ont confirmé que ces sujets étaient prioritaires. Gilles Bon Maury a lancé: «J’espère que beaucoup d’hétérosexuels voteront à gauche pour l’égalité des droits».

Seule ombre dans ce concert d’opinions favorables à l’égalité: personne n’a abordé la question du sida, qui reste un problème majeur parmi les gays (Prévagay a révélé que 18% des gays sont séropositifs à Paris). La plus applaudie fut sans conteste Eva Joly, seule à être candidate à l’élection présidentielle. Elle a assuré que lorsque la gauche sera victorieuse, le mariage et l’adoption seront votées dans les 100 jours. Malicieuse, Eva Joly, qui avait le mot de la fin, a conclu: «J’admire Monsieur Bournazel et il faut des gens comme lui à l’UMP mais pour l’égalité des droits, il vaut mieux voter à gauche».

Le sondage de l’Ifop a été réalisé par internet du 21 au 23 juin auprès d’un échantillon de 1006 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.