Près d’un an après les faits, les deux agresseurs présumés de quatre acteurs de la scène militante LGBT lyonnaise ont comparu devant le tribunal correctionnel de Lyon lundi 20 juin. Ils sont poursuivis pour violences volontaires avec arme, insultes à caractère homophobe et menaces de mort réitérées. Les deux hommes ne reconnaissent les faits qu’en partie.

L’une des victimes, Maxime Aicardi, a raconté à Yagg sa version des faits: dans la nuit du 26 au 27 juin 2010, quatre militants, dont trois collaborent au sein de la Lesbian & Gay Pride de Lyon, se réunissent au domicile de l’un d’entre eux pour célébrer la fin de la Quinzaine des Cultures, une série d’événements festifs autour de la Marche des fiertés. Déguisés en femmes «pour s’amuser», ils se rendent ensuite dans un bar du centre ville. Alors qu’ils se dirigent vers un distributeur de billets, deux hommes leur lancent des bouteilles en les insultant: «Sales tarlouzes! Je vais aller chercher mon flingue et vous buter!». Les quatre militants sont ensuite suivis par les deux hommes qui leur crachent dessus. L’une des quatre victimes reçoit même des coups avant que la police n’arrive et place les deux hommes en garde à vue.

Maxime Aicardi se souvient que ses amis et lui ont eu «du mal à porter plainte au commissariat central». Selon lui, «la police traîne les pieds pour des raisons de chiffres». Après leur avoir indiqué qu’ils n’étaient pas au bon endroit pour déposer leur plainte, on leur dit qu’ils peuvent finalement le faire, mais qu’il faudra attendre au moins trois heures avant d’être reçus. Décidés à aller jusqu’au bout de la procédure, ils restent. Une demi-heure plus tard, ils sont reçus.

Après une reconnaissance préalable de culpabilité où les deux hommes admettent la totalité des faits puis se rétractent, agresseurs présumés et victimes se retrouvent au tribunal correctionnel. Les prévenus y expliquent qu’ils voulaient juste intimider les quatre hommes et que «sale pédé» n’avait rien d’homophobe: c’est juste la seule insulte qu’ils connaissaient.

Le procureur a finalement requis six mois de prison avec sursis et 2000 euros d’amende contre les agresseurs présumés. Une sanction plutôt «légère» aux yeux de Maxime Aicardi. Ses amis et lui ont également demandé des dommages-intérêts pour le préjudice moral. Le jugement sera rendu le 26 septembre.

Photo Frachet