Comme l’avait annoncé Louis-Georges Tin lors de la conférence de presse de la Pride de Moscou en mai dernier, le Comité Idaho et GayRussia ont attiré l’attention des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur le non-respect par la Russie de sa condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme pour avoir interdit la tenue des gay prides à Moscou.

Un premier pas vient d’être franchi, puisque 39 membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), représentant 5 groupes politiques de 17 États membres (un Français, Jean-Pierre Kucheida), ont signé une déclaration écrite, dans laquelle ils/elles s’inquiètent des conséquences de l’inaction russe.

«En septembre 2010 la Cour européenne des droits de l’Homme a estimé à l’unanimité que la Fédération de Russie avant violé le droit à la liberté de réunion en interdisant des événements publics de soutien aux droits LGBT à Moscou en 2006, 2007 et 2008, écrivent les élu-e-s. En mai 2011 les autorités ont à nouveau interdit un événement du même type, et arrêté un certain nombre de personnes qui tentaient de participer à une manifestation pacifique. Cela montre un manque d’engagement de la Fédération de Russie aux principes du Conseil de l’Europe. Non seulement cela nuit au respect des droits humains en Russie, cela ébranle la réputation de la Cour et du Conseil de l’Europe lui-même.»

«GRANDE INQUIÉTUDE»
«Nous exprimons donc notre grande inquiétude devant l’échec manifeste de la Fédération de Russie à respecter ses obligations liées à la Convention européenne des droits de l’Homme et devant les dégâts que cela cause à la réputation du Conseil de l’Europe, poursuit le texte. Nous demandons aux rapporteurs chargés de la Russie au sein de la Commission de suivi de tenir compte de ces préoccupations lors dans leur prochain rapport.»

«Cette déclaration est un pas dans la bonne direction et montre que notre cause trouve du soutien au sein du Conseil de l’Europe, mais notre objectif est de poser la question de la suspension du droit de vite de la Russie dans l’institution», a commenté Nikolai Alekseev, président de GayRussia et organisateur de la Moscow Pride.

«Nous sommes contents que cela aboutisse à quelque chose de concret, renchérit Louis-Georges Tin, mais si la question du vote n’est pas évoquée, ce ne sera pas suffisant».

D’autant qu’il ne s’agit pour l’instant que d’une déclaration d’un certain nombre de membres de l’APCE, qui doit être discutée par l’Assemblée parlementaire, laquelle pourra la compléter éventuellement lors des débats. Si le texte (amendé pour inclure la question de la suspension du droit de vote) était alors adopté à l’unanimité, cela pourrait avoir un poids diplomatique fort, mais il faudrait encore que le Comité des ministres décide de suivre la recommandation de l’APCE. Il ne s’agit donc que d’une toute première étape.

Photo Conseil de l’Europe