Activiste au sein du Movement for Justice au Royaume-Uni, Edson Cosmas, dit Eddy, est actuellement retenu en centre de détention dans le cadre de sa demande d’asile. Homosexuel, il a fui la Tanzanie où les relations sexuelles entre hommes sont passibles d’au moins cinq ans d’emprisonnement. S’il est renvoyé dans son pays d’origine, il redoute le pire. Joint par téléphone par l’association AllOut, il a déclaré: «Je suis en danger dans mon pays. Ils savent qui je suis. Ils m’arrêteront si je reviens».

En plus de l’organisation au sein de laquelle il milite, AllOut et 38 Degrees ont également lancé des campagnes de mobilisation pour lui venir en aide. Mais c’est surtout l’occasion pour les associations de défense des droits des personnes LGBT de se battre contre le système du «fast track», «voie rapide» en français. Pour faire face à l’afflux massif de demandes d’asile, le Royaume-Uni a mis en place cette procédure pour traiter les cas où la demande d’asile ne semble pas fondée. Mais d’après le UK Lesbian and Gay Immigration Group, près de 99% des personnes qui font une demande d’asile en raison des difficultés rencontrées du fait de leur orientation sexuelle voient leur demande rejetée. Les demandeurs d’asile placés dans la «fast track» bénéficient de moins de droits que les autres. Les délais de recours sont réduits au minimum, comme l’a expliqué à Yagg Paul Canning, du site LGBT Asylum News.

PAS DE «RISQUE RÉEL» EN TANZANIE?
Non contents de remettre en cause l’homosexualité d’Eddy (argument régulièrement utilisé), les juges qui ont étudié son cas soutiennent par ailleurs qu’en Tanzanie, «les hommes gays ne rencontrent pas de risque réel d’être poursuivis du fait de leur orientation sexuelle». Une affirmation plutôt confiante alors que 39 militants LGBT ont été arrêtés en 2009. Les associations de défense des demandeurs d’asile pointent du doigt l’ignorance des magistrats au sujet des discriminations fondées sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Résultat: des demandeurs d’asile LGBT se retrouvent enfermés avec d’autres ressortissants de leur propre pays qui ont dès lors la possibilité de les agresser.

Pour l’heure, Eddy a pu faire appel de sa décision de renvoi, a indiqué Paul Canning. L’attention que les associations portent à son cas lui confère une certaine protection. D’autres, au Nigeria, en Ouganda ou en Jamaïque ont eu moins de chance.

Photo LGBT Asylum News