« Aucune mesure n’a été prise pour le moment » en termes de sécurité et de circulation, reconnaissait vendredi 17 juin Dominique Bertinotti, la maire (PS) du 4e arrondissement, huit jours avant la Marche des fiertés, lors d’une rencontre entre l’élue et des acteurs du quartier. Or, beaucoup de manifestant-e-s se rendent dans le quartier du Marais à l’issue de la Marche. L’association Les Robins du Marais, qui représente les intérêts de riverains et de commerçants du quartier, s’est dite « inquiète » de cette absence de régulation.

FÊTE DE LA MUSIQUE
Pour l’heure, Madame la maire préfère se concentrer sur les festivités les plus imminentes. Il faut dire que la Fête de la musique, qui se tiendra le 21 juin, mobilise elle aussi un dispositif exceptionnel. Dominique Dague, le commissaire de police de l’arrondissement, a annoncé qu’à cette occasion, le trafic des voitures sera interrompu jusqu’à 00h30 dans la rue des Archives et la rue du Temple.

SILENCE
Mais pour la Marche des fiertés, rien. Jean-Bernard Meneboo, président de l’association Les Robins du Marais, s’étonne du silence de la mairie à ce sujet. « C’est une manifestation annuelle, régulière. Si on peut arrêter les voitures sur les Champs-Élysées quand on remporte la Coupe du monde de football, pourquoi ne peut-on pas arrêter la circulation dans deux rues du 4e arrondissement pour la gay pride? », s’interroge-t-il. Cette revendication n’est pourtant pas nouvelle: l’année dernière, il demandait déjà à ce que le Marais soit rendu piéton le soir de la Marche.

BRAS DE FER
Mais derrière cette bataille pour que les voitures circulent ou pas, c’est en réalité un bras de fer qui se joue entre certains riverains et les bars du quartier. À la mairie, plusieurs habitants ont exprimé leur colère du fait des nuisances sonores et de la foule présente sur les trottoirs, visant sans jamais le nommer le bar gay Le Cox. Diplomate, le commissaire de police a souligné que ces établissements représentent un avantage en ce qu’ils drainent une population peu portée à la délinquance. De plus, ils font baisser l’insécurité en soirée là où les endroits déserts, comme la place des Vosges, sont plus difficiles à protéger. Le Cox et l’Open Café ont ainsi engagé dix agents de sécurité pour encadrer la Fête de la musique.

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