«Véhémence et détermination». Les premiers mots du communiqué diffusé par la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL) en disent long sur l’incrédulité qui prime après la révélation par Le Canard Enchaîné de propos qu’aurait tenus Nicolas Sarkozy lors du Conseil des ministres du 8 juin. Nicolas Sarkozy, rétorquant à Chantal Jouanno, ministre des Sports, aurait en effet expliqué qu’il ne voudrait pas «qu’on laisse croire qu’il y a des discriminations ou de l’homophobie dans le sport» (lire Nicolas Mahut et John Isner, Ben Cohen et Nicolas Sarkozy, Venus et Serena Williams: un week-end de dos à dos).

«D’abord, il laisse croire que tous les témoignages d’homophobie dans le sport qui nous parviennent régulièrement n’ont aucune valeur, indique le communiqué. Que les rumeurs sur Yoann Gourcuff; que l’éviction de Yoann Lemaire, joueur de foot amateur victime [des réactions à son coming-out]; que des banderoles homophobes lors de matchs de foot; que les déclarations homophobes de certains dirigeants de clubs sportifs; ou encore que le récit du joueur de foot de haut niveau parlant de «son calvaire au quotidien» dans le livre Sexe Footbal Club n’ont pas valeurs de preuve!».

Pour la FSGL, «le déni de tous ces actes homophobes engendre toujours plus le sentiment d’impunité et favorise les actes de discriminations sous toutes ses formes, pas seulement celles liées à l’homophobie. Ensuite, il va à l’encontre du travail de toutes les associations qui comme la FSGL luttent contre les discriminations aussi bien sur les terrains de sport que dans les vestiaires. (…) Nous attendons donc des clarifications rapides de la part du Président Sarkozy ainsi que de Madame Chantal Jouanno afin de savoir quel est l’engagement réel du gouvernement actuel dans la lutte contre les discriminations dans le sport ».

Photo European People’s Party