Samedi aura lieu la 17e édition de la Lesbian & Gay Pride de Lyon. L’année dernière, environ 12000 militant-e-s étaient réunis pour ce qui constitue désormais la 3e plus grande marche LGBT de France. Cette année, les organisateurs attendent au moins autant de monde, si ce n’est plus. Nous avons posé quelques questions au sujet de cette marche à David Souvestre, président de la LGP Lyon.

Quel est le mot d’ordre de la marche de demain? On retrouve «Pour l’égalité: en 2011 je marche, en 2012 je vote». Nous avons voulu nous ancrer dans une véritable dynamique nationale. Ce sont les 17 associations organisatrices de la marche qui ont décidé ensemble de ce mot d’ordre. Souvent les gens pensent que les provinces reprennent le mot d’ordre de l’Ile de France. Mais non, ce sont bien les provinces qui ont décidé ensemble de ce mot d’ordre en janvier 2011. C’est important de le dire.

Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer cette année? On a deux grands messages à faire passer. Le premier concerne nos attentes en matière d’égalité. Ouverture du mariage à tous, l’homoparentalité… il faut que ces revendications aient un impact sur les programmes politiques pour les élections de 2012. Mais le mariage et l’homoparentalité ne constituent pas l’alpha et l’oméga de nos revendications. Il n’y a pas que 2012. Et c’est là notre deuxième message. Le mandat de Nicolas Sarkozy n’est pas encore terminé et on peut encore agir d’ici la fin de la législature, sur deux dossiers notamment que Lyon va défendre lors de cette marche. Tout d’abord la défense du droit des étrangers, du droit d’asile.

Là dessus, un effort peut être fait par le gouvernement en faveur des mouvements associatifs et des LGBT. Un exemple, concernant Abdou, le jeune homo sénégalais qui peut être expulsé de France à tout moment. Il est soutenu par la LGP de Lyon, par le collectif C.I.GA.LE et SOS Racisme Rhône Alpes. Yagg a fait plusieurs articles sur lui. Le gouvernement pourrait régulariser Abdou. Il n’y a besoin d’aucun vote ni du Parlement. Pareil pour le droit des trans’. Le gouvernement peut agir et mettre fin à la psychiatrisation et à la nécessité d’une stérilisation pour changer d’état civil. Il peut agir avec une simple circulaire de Michel Mercier. Ce serait simple, rapide mais ce serait un geste fort.

Il y a donc deux messages. Le premier qui concerne les élections, les programmes et projets politiques des partis, et le deuxième qui est, après avoir été réactionnaire, le gouvernement peut encore agir et envoyer un message fort aux associations et aux LGBT.

Outre la marche, quelles sont les actions prévues demain? À la fin de la marche, quand la grande banderole arrivera, il y aura la minute de cris, dont nous sommes assez fiers car nous l’avons inventé en 2009, puis elle a été reprise par des villes comme Marseille… Ce n’est pas rien! Cela nous permet de faire entendre notre message, nos revendications, avec les points traditionnels, mariage, homoparentalité, et la question des trans’ et des étrangers.