Collège Saint Louis«Pas mal de remous ici», remarque Vincent Bonhomme, coordinateur de projets au sein d’Arc-en-Ciel Wallonie. Depuis que cette fédération des associations LGBT wallones a été saisie d’une affaire d’homophobie au Collège Saint-Louis, à Liège, trois médias grand public ont commencé des investigations. Quelques jours plus tôt, un étudiant a contacté l’organisation au sujet de consignes données par la direction pour interdire aux couples homos d’assister au bal de fin d’année qui se tiendra le 24 juin.

Les responsables du collège démentent formellement. Mais interrogée par Vincent Bonhomme, une enseignante confirme que l’an dernier, des directives avaient été données. Elle n’en a pas eu vent cette année, «mais pourquoi les choses auraient-elles changé?», se demande le militant. L’argumentaire de défense de Bernard Renson, le directeur de l’établissement, laisse peu de place au doute quant à ses opinions: «Le comportement provocant de deux homosexuels ou un beco entre un garçon et une fille, ce n’est tout de même pas la même chose!», s’est-il récrié.

Prudent, le directeur se garde bien d’évoquer sa propre réticence et préfère indiquer que la présence d’un couple homosexuel perturberait en fait «le corps enseignant». Or, le but de ce bal est précisément de rapprocher professeur-e-s et étudiant-e-s.

Vincent Bonhomme poursuit son enquête. Contacté par Yagg, il explique ce qui pourrait se passer si les accusations sont avérées: «l’association portera plainte auprès du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme [l’équivalent belge de feue la Halde]». Pour l’heure, aucune preuve écrite n’a été découverte. Dans ces conditions, il est impossible de poursuivre l’établissement. Mais avec l’aide du Centre, Arc-en-Ciel Wallonie pourrait proposer des sessions de sensibilisation. L’une des revendications de la gay pride de Bruxelles portait justement sur la lutte contre l’homophobie à l’école.