Hier, l’émission Tracks, diffusée tous les jeudis soirs à 22h sur Arte, s’intéressait aux Sissy Rappers (que l’on pourrait traduire par «Tapettes rappeuses»), des rappeurs homos et trans’ de la Nouvelle-Orléans, qui ont remis au goût du jour le Bounce, style de hip/hop des années 80, qui s’accompagne d’une façon très énergétique de bouger les fesses.

Les Sissy Rappers ont leurs véritables stars à la Nouvelle Orléans, telles que la trans’ Katey Red et sa meilleure copine Big Freedia, dont le duo Stupid (You are so stupid for calling us guy, «vous êtes tellement stupide de nous appeler mec») est devenu un véritable hymne pour les Sissy.

Dans la plus grande ville de la Louisiane la fête est culturelle et les Sissy rappers font danser gay, lesbienne, bi, trans’, hétéros sur des textes qui parlent ouvertement de sexe. Et alors que les États du Sud du pays sont très conservateurs et encore très homophobes, les Sissy ont réussi à s’imposer et à exporter leur style dans le milieu du rap hétéro. «À la Nouvelle-Orléans, il y a un contexte bien précis qui favorise l’apparition de ce genre de phénomène. C’est lié à l’héritage culturel de cette ville qui a été contrôlée par les Français et les Espagnols jusqu’au XIXe siècle. Ces influences culturelles différentes ont favorisé l’émergence des rappeurs homos et leur ont permis de trouver un public», déclare ainsi Matt Miller, auteur d’un documentaire sur le bounce à la Nouvelle-Orléans.

À lire: «Sissy Bounce» sur la page Tracks du site d’arte.tv.
À voir: L’émission tracks du jeudi 9 juin 2011 (Sissy rappers à partir de 32’30 environ).

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