Alors que la France s’apprête à demander à l’Onu le vote d’une résolution condamnant la répression en Syrie, la communauté LGBT internationale, de même que la blogosphère (LGBT ou non), s’inquiètent de la disparition d’Amina Arraf, blogueuse lesbienne à Damas.

Selon un post publié par sa cousine Rania O. Ismail sur le blog d’Amina, A Gay Girl in Damascus, celle-ci aurait été enlevée hier en fin d’après-midi par trois hommes d’une vingtaine d’années, armés, alors qu’elle se rendait à un rendez-vous. Personne ne semble savoir pour l’instant si ces hommes appartiennent à l’un des 18 services de police syriens, à une milice ou à un gang.

Amina a 34 ans, elle a la double nationalité syrienne et américaine, elle est née en Virginie, vit à Damas. Elle a déjà fait l’objet de tentatives d’arrestation et/ou d’enlèvement. Dans un de ses posts, elle raconte comment son père l’a protégée des services de sécurité qui ont débarqué, une nuit.

ORIENTATION SEXUELLE ET RELIGION MUSULMANE
Elle est lesbienne, mais surtout blogueuse, dans un pays où internet se retrouve mystérieusement coupé lorsque l’opposition manifeste. Une blogueuse qui s’est jointe aux mouvements de protestation et dont la renommée s’est récemment envolée à l’international, après des interviews et des portraits d’elle dans The Guardian, sur CNN, CBS News et autres, où elle explique que prendre conscience de son homosexualité à 15 ans l’a terrifiée, qu’elle a fait son coming-out à 26 ans et que sa famille, pourtant plutôt conservatrice, l’a plutôt bien accepté. Elle conjugue son orientation sexuelle et sa religion musulmane sans souci («Je crois que Dieu m’a fait comme je suis et je refuse de croire que Dieu fasse des erreurs»). Quand elle n’est pas d’accord, elle l’écrit, sans craindre le politiquement incorrect, comme elle l’a fait fin mai pour dénoncer le «pinkwashing», l’utilisation de la situation des homos pour justifier une intervention armée.

Depuis début mai, Amina se cache. Hier, cette clandestinité n’a plus suffi. Dans l’attente d’informations fiables, internet se mobilise, via Twitter (#FreeAmina) et Facebook.

Lire aussi Libérez Amina! par la yaggeuse TornBlueJeans.

Via Risah

[mise à jour, 8 juin, 14h11] La photo publiée par de nombreux médias (dont Yagg), qui illustre la page de soutien sur Facebook, ne représenterait pas Amina Arraf (précisions ici, en anglais), nous la retirons donc jusqu’à ce que l’information soit vérifiée.

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