David Norris a beaucoup à perdre dans la controverse soulevée au début de la semaine au sujet d’une interview qu’il a accordée il y a neuf ans de cela. Favori pour l’élection présidentielle en Irlande, ce candidat indépendant récoltait jusque là, selon le dernier sondage RTE (une radio irlandaise) 44% des voix des sondés, son premier rival plafonnant à 22% des opinions de vote. Mais des propos choquants tenus au sujet de la pédophilie pourraient lui coûter sa place lors du scrutin qui aura lieu en octobre 2011.

DANS L’ANTIQUITÉ
« Je n’éprouve aucune attirance envers des enfants ou envers des personnes considérablement plus jeunes que moi », déclarait en 2002 cet homme ouvertement homosexuel, aujourd’hui âgé de 66 ans. « Je ne comprends pas que l’on puisse trouver un enfant attirant, quel que soit son sexe… Mais quand on parle de pédophilie dans l’Antiquité, telle qu’elle était pratiquée par les Grecs, par exemple, où un homme plus âgé amène un homme plus jeune vers l’âge adulte, là, on peut en discuter. Maintenant, une fois encore, ce n’est pas du tout quelque chose qui m’attire. »

« LES CHOSES DE LA VIE »
L’homme politique s’aventure ensuite à quelques confidences sur ses désirs d’enfant… « Quand j’étais plus jeune, j’aurais vraiment apprécié qu’un homme mûr, plus âgé et attirant, me prenne sous son aile, et qu’il m’enseigne avec tendresse ce qu’est la sexualité, qu’il me traite affectueusement, et qu’il m’apprenne les choses de la vie. »

SABOTAGE?
David Norris confirme avoir tenu ces propos, mais d’après lui, s’ils remontent aujourd’hui à la surface, c’est dans le but de « saboter » sa campagne. Il se défend en expliquant que cette conversation avait lieu dans le cadre « d’une discussion académique » sur la sexualité dans la Grèce antique, et qu’elle ne reflète en rien ses opinions politiques. Le candidat pressenti affirme par ailleurs qu’il ne savait jamais quand il était enregistré ou pas, la journaliste à l’origine de cette interview appuyant sur son magnétophone à plusieurs reprises. Celle-ci nie et soutient qu’elle a laissé l’enregistrement se dérouler pendant la totalité de l’entrevue.  Elle indique qu’elle avait soumis son article au candidat pour d’éventuelles suggestions et qu’elle dispose toujours de la cassette.

David Norris a finalement déclaré que les Irlandais devraient voter, non pas en fonction d’une « discussion académique pendant un dîner avec une journaliste », mais sur son bilan et les actions qu’il a menées au cours de ses 35 années dans la politique. Militant en faveur des droits des homos, David Norris s’est notamment battu pour faire abroger la loi qui pénalisait l’homosexualité.

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