Le 1er juin, Louis-Georges Tin (photo), fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (Idaho), publiait une tribune dans Le Monde intitulée « Le Conseil de l’Europe doit condamner la Russie » et adressait dans le même temps une lettre ouverte au Ministre des affaires étrangères, Alain Juppé.

PUNIR LE « VOYOU RÉCIDIVISTE »
Ces deux initiatives font suite à la répression dont a été victime, une nouvelle fois, la Gay pride de Moscou organisée le week-end dernier, et à l’arrestation de Louis-Georges Tin, avec celle d’autres activistes, par les forces de l’ordre moscovites lors de la manifestation.

Face à l’inefficacité des sanctions financières formulées en octobre 2010 par le Conseil de l’Europe à l’encontre des autorités russes (le pays a dû s’acquitter d’une amende de 30000 euros, ce qu’elle a fait sans peine), Louis-Georges Tin fait ainsi la demande d’une suspension du droit de vote de la Russie à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Pour lui, il apparaît plus que nécessaire de condamner enfin fermement la Russie (qui par la voix de la mairie de Moscou interdit systématiquement la Gay pride de la ville depuis 2006), au moyen de la pression institutionnelle qui selon le président du Comité Idaho est la plus efficace.

« UNE RÉACTION FERME »
Dans sa lettre ouverte adressée à Alain Juppé, Louis-Georges Tin relate la violence exercée par les autorités russes sur les manifestants et décrit la brutalité de son arrestation pour appuyer sa revendication: « C’est alors que des miliciens néo-nazis et des policiers se sont jetés sur moi. J’ai été brutalisé, mes vêtements ont été déchirés, et j’ai été emporté vers le fourgon, où j’ai retrouvé Dan Choi, et six autres militants, également aux arrêts ». Il dénonce également l’évidente collusion observée pendant l’événement entre les néo-nazis et les autorités russes et invite le Quai d’Orsay à se poser des questions sur cette relation ambiguë.

CESSER L’INACTION
Dans sa tribune au Monde, c’est sur l’adhésion et la place de la Russie au Conseil de l’Europe que le président du Comité Idaho met l’accent. Il rappelle le rôle du Conseil de l’Europe qui est celui d’observer le respect des droits humains dans l’Union européenne, et invoque la nécessité de « durcir le ton » face au comportement de la Russie qui depuis 1996 ne cesse de bafouer les droits de l’homme et ne semble pas être s’inquiéter des rappels à l’ordre, régulièrement exprimées par le Conseil de l‘Europe.

En effet, si les événements du week-end dernier démontrent une nouvelle fois la faiblesse de l’impact des sanctions formulées par l’Union européenne sur la politique russe, il apparaît désormais comme primordial pour le Conseil de l’Europe d’imposer son autorité, au moyen de l’utilisation de véritables instruments de répression politique (comme la suppression du droit de vote à l’Assemblée parlementaire, déjà utilisée en 2000 et en 2010 contre la Russie pour son comportement vis-à-vis de la Tchétchénie et de la Géorgie). Est en jeu la crédibilité de l’institution, et l’utilité de l’adhésion de la Russie à cette dernière.

RENCONTRE AU QUAI D’ORSAY
Louis-Georges Tin s’est également rendu en personne au Quai d’Orsay avant hier, où il a rencontré François Zimmeray, ambassadeur français aux Droits de l’homme. Ils ont ainsi discuté des événements et si aucune réponse immédiate n’a été donnée au président du Comité Idaho, qui lors d’un entretien téléphonique nous a dit qu’il n’en attendait de toute façon pas, les possibilités de réaction de la part du ministère des Affaires étrangères ont commencé à être pensées (lire aussi: Violences à la gay pride de Moscou: la France réagit timidement).

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