Samedi, 10 heures (heure locale). Bon, soyons honnête, l’émotion dominante ce matin, c’est le stress. La réunion de 2h (ou était-ce 3? Maxime va me maudire quand il faudra monter tout ça) d’hier soir, qui avait notamment pour objectif de briefer les «nouveaux/nouvelles» (Dan Choi, un couple gay anglais, Norbert Blech de Queer.de, moi…) sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas de problème, n’a pas arrangé les choses. Je sais qu’il ne faut pas regarder les policiers dans les yeux et tout et tout, mais pas sûr que ça me rassure. Et en même temps, chacun-e sait pourquoi il/elle est là.

L’appart est super calme, chacun-e se réveille petit à petit. Je ne crois pas que mon interview de Dan Choi se fera ce matin. Même si lui est partant, je n’ai pas la tête à ça, et je ne veux pas être ailleurs lorsqu’il faudra commencer à se diriger vers la Tombe du soldat inconnu et la mairie (photo).

J’ai plutôt bien dormi (avec mon petit lézard fétiche, prêté par ma fille, dans la main), et ce matin, même si j’ai l’estomac noué, ça va. L’estomac noué, je connais par cœur, ça m’arrive à chaque fois que je dois interviewer quelqu’un d’un peu connu, ou avant un comité de direction.

Andy Harley reste à l’appartement et servira de relais, d’une certaine façon, en cas de problème. Il a les numéros des différentes ambassades, nos numéros de portable etc. Et il publiera au fur et à mesure les infos que nous lui enverrons, donc si vous voulez suivre les événements de la journée, gardez un œil sur Uk Gay News, et sur GayRussie.Ru.

Un truc rigolo: à lire les commentaires et les messages que je reçois sur la communauté Yagg, je me demande s’il n’y a pas autant de yaggeurs/yaggeuses à Moscou qu’à Strasbourg (exemple bien sûr pris au hasard).

10h50. La tension monte. Une fois de plus, les informations sont contradictoires, sur ce qui est prévu, sur ce qui nous attend. Paranoïa ou réalisme? Vivement ce soir!

11h30. D’après les organisateurs, la police est en place, les opposants se sont passé le mot et seront vêtus de noir (dans notre groupe aussi, certains sont en noir, c’est d’un banal). Nikolai Alekseev a beaucoup insisté sur le fait que chacun-e devait faire ce qu’il/elle se sentait de faire. Personne n’est obligé de participer, le choix appartient à chacun-e. La question me semble se poser un peu différemment pour moi, je suis journaliste. Si je reste à l’appartement, à quoi aura servi ce voyage? Si j’étais là pour militer cela dit, ma réflexion serait sans doute la même: tout ça pour ça? Non, impossible. Donc j’y vais. Et puis il fait beau, c’est déjà ça!

À lire, un article intéressant sur la personnalité de Nikolai Alekseev et les différentes opinions sur ce que le militantisme LGBT russe doit être (en anglais).

Lire tous nos articles sur la gay pride 2011 de Moscou.

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