Huitième épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

Petite séance de rattrapage aujourd’hui avec un gros plan sur deux films découverts ces derniers jours: Des jeunes gens mödernes à la Quinzaine des réalisateurs et Old Cats (Les vieux chats), un film chilien présenté par l’ACID, l’asso des cinéastes indépendants.

«DES JEUNES GENS MÖDERNES», RETOUR SUR LES ANNÉES PALACE
Le cahier des charges de ce documentaire lorgnant un peu du côté de la fiction, aussi vaste soit-il, est, pour l’essentiel, plutôt rempli. Jérôme de Missolz a souhaité nous faire revivre les grandes heures des «branchés» des années 80, une bande extensible qui comptait de nombreuses figures du Paris d’alors dont Yves Adrien, chroniqueur à Libé, inventeur du terme «növo», symbole de cette ère post-punk. S’il s’est officiellement déclaré mort en 2001, c’est pour mieux renaître en 69 (à prononcer «sixty nine»), exécuteur testamentaire et clone officiel d’Yves Adrien.
Mais là où ce vecteur aurait suffi, le film s’adjoint également les services d’une bande de néo-branchés qui, pour le coup, jouent (mais jouent-ils?) la carte du parisianisme un peu «tout vu, tout lu, tout su» qui n’attire pas une sympathie, disons, immédiate.

La grande réussite du film, ce sont ces images de l’époque et témoignages actuels des vrais acteurs de cette parenthèse enchantée: Adrien (ou son double), philosophe foutraque au look improbable, Edwige décrivant ses tatouages (son journal intime) et même Lio, qui fait une apparition extrêmement touchante, écoutant la larme à l’œil, Yves Adrien lui lire le premier article qu’il écrivit sur elle et son arrivée dans le Paris branché.

Plus qu’un témoignage, Des jeunes gens mödernes est une sorte de sonnette d’alarme qui serait là pour nous rappeler que nous devrions nous bouger un peu le cul pour être à la hauteur de «nos aîné-e-s», de leur folie, de leur créativité et de leur affirmation.

«OLD CATS» («LES VIEUX CHATS»), TROIS FEMMES AU BORD DE LA CRISE
Isadora, qui vit avec, dans le désordre, ses vieux chats et son vieux mari, commence à perdre la tête. Et il faut dire qu’elle n’est pas aidée avec un ascenseur qui fait des siennes la rendant prisonnière de son appartement et la visite impromptue de sa fille, Rosario, un peu égocentrique, grande gueule et – comment dire? – peu aimante.

La petite amie de la fille, Hugo (si, si!), va bien tenter d’arrondir les angles mais le mélange Alzheimer/conflit mère-fille n’est jamais bon pour la sérénité d’une vie de famille…

Ce film réalisé par Sebastian Silva et Pedro Peirano vaut surtout par ses dialogues et ses actrices. Il dresse le portrait sans concession de ces trois femmes à fort caractère et les actrices, dont la doyenne Bélgica Castro affiche 90 ans au compteur, sont extrêmement drôles. On y retrouve quelques tonalités du Almodóvar «old school» avec peut-être un peu moins de provoc, mais une belle énergie vraiment communicative.

Franck Finance-Madureira

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