Société | 20.05.2011 - 17 h 42 | 0 COMMENTAIRES
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Agression au Bois de Boulogne: «Le pronostic vital de la victime est plus qu’engagé»

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Olivia, prostituée trans', a été très violemment agressée dans la nuit du 18 au 19 mai, au Bois de Boulogne, à Paris. Elle se trouve actuellement dans le coma.

Olivia, prostituée trans' équatorienne d'une quarantaine d'années vivant en France depuis une dizaine d'années, a été très violemment agressée dans la nuit du 18 au 19 mai, au Bois de Boulogne, à Paris. Elle a été retrouvée inanimée, vers 6h30 mercredi matin, dans un bain de sang. Elle se trouve actuellement dans le coma.

Coïncidence? Comme l'indiquait dès hier Le Parisien, l'attaque, qui implique probablement plusieurs agresseurs, a eu lieu au lendemain de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie.

«Son pronostic vital est plus qu'engagé, souligne Miguel Ange Garzo, d'Arcat, qui connaît Olivia depuis plusieurs années. Elle travaillait toute seule, l'agression a eu lieu dans le bois, elle n'a pas pu être aidée par quiconque. On ne sait pas qui l'a agressée, mais il faut bien faire la distinction entre client et agresseur: un client qui agresse n'est plus un client, il devient un agresseur.»

«LES PROSTITUÉ-E-S SE PLANQUENT»
Il y a à la fois de la colère et une certaine lassitude dans la voix de Miguel Ange Garzo quand il explique que cette agression est une conséquence de l'image que l'on donne des prostitué-e-s «comme étant des moins que rien» et de la criminalisation des travailleurs/euses du sexe: «Depuis la loi pour la sécurité intérieure, les prostitué-e-s se planquent et se font encore plus facilement agresser».

«La répression institutionnelle de l'État qui pénalise le racolage, et qui envisage d’aggraver leurs conditions avec la pénalisation des clients, oblige les prostituées à s'isoler toujours plus et à s'exposer toujours davantage à des probables agressions, renchérit un communiqué commun d'Acceptess-T, Acthé, Inter Trans' et Homosexualités et Socialisme (HES). Les personnes trans' et particulièrement les étrangères sont les plus exposées au risque de violences physiques et morales. Tant que l’État n'agira pas pour les protéger, il continuera implicitement à cautionner ces discriminations et cette violence.»

UNE AGRESSION «ÉPOUVANTABLE»
«Nous rappelons qu’aujourd’hui encore, et contrairement aux recommandations européennes, la transphobie n’est toujours pas reconnue comme [une] discrimination, poursuivent les associations. Nous attendons du Défenseur des droits qu'il soit saisi de la question pour que soit enfin prise en compte cette discrimination qu'est la transphobie et que le drame qui a touché Olivia ne se reproduise plus».

Peut-on parler d'agression transphobe? «Pour cela, commente Miguel Ange Garzo, il faudrait déjà que les agresseurs sachent ce qu'est la transphobie…» Il s'agirait donc soit d'une agression purement gratuite, soit de l'œuvre d'une bande venue «casser du pédé au Bois de Boulogne».

La victime de cette agression «épouvantable», pour reprendre le terme employé par Miguel Ange Garzo, «cumule les stigmates: trans', pute et migrante»: «Plus on est minoritaire dans la minorité, plus on est relégué-e au ban de la société».

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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