Cinquième épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

La soirée des 50 ans de la Semaine de la Critique a eu raison de notre professionnalisme, et le mélange bière-vodka de notre journée du lendemain. Pour recommencer en douceur notre marathon cannois, un petit tour du côté des courts métrages avec un choix très Yagg et enfin un film dérangeant et très réussi en compétition à la Semaine de la Critique, Snowtown (Les Crimes de Snowtown en VF).

UN CAFÉ AVEC KYLE HENRY, RÉALISATEUR DE « FOURPLAY: TAMPA »


Fourplay: Tampa est un court de 17 minutes présenté à la Quinzaine des Réalisateurs qui nous plonge au cœur d’une drague masculine dans des toilettes publiques qui va très clairement dégénérer. Un film quasi-muet, extrêmement drôle et vraiment délirant signé Kyle Henry, un jeune réalisateur texan, avant tout prof à la fac d’Austin.Un p’tit café?

Fourplay est en fait le nom du programme long qui regroupera tes quatre courts métrages qui ont en commun de parler de sexe de façon, disons, décalée? L’idée était de partir d’histoires qui abordent des actes sexuels transgressifs et qui sont un tournant dans la vie des principaux personnages. Tampa est une « slapstick comedy » ou une « gang-bang farce » dans laquelle un homme est rejeté par les autres hommes et essaie de trouver des « connections » dans les toilettes. La première histoire, San Francisco, traite d’une prostituée trans’ qui est appelée pour venir dans la maison d’un homme tétraplégique par la femme de ce dernier qui demande une prestation. J’ai beaucoup connu de trans’ en travaillant sur ce sujet pendant quelques années à San Francisco. Skoki, c’est une ville près de Chicago, est le troisième film: il s’agit d’une lesbienne un peu dans le placard qui va avoir une expérience avec son chien Et le dernier, Austin, parle d’un couple hétéro qui se demande s’il se sépare ou s’il décide d’avoir un enfant. En fait, ils vont concevoir un bébé d’une façon, sans dévoiler la fin, étrange.

Et tes courts sont produits par Michael Stipe, le leader de REM… Oui, j’ai beaucoup de chance qu’il soit devenu mon « bienfaiteur »! Et je suis très heureux que l’un des films de cette série ait été sélectionné par la Quinzaine des Réalisateurs. J’espère pouvoir montrer le programme complet en tout début d’année peut-être au L.A. Fest ou à Sundance. C’est une chance pour un prof comme moi de pouvoir faire ces trucs un peu fou en plus de mon métier!

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Fourplay Tampa – Clip 1.

« LES CRIMES DE SNOWTOWN »: ADO SOUS INFLUENCE


Ce premier film d’un jeune réalisateur australien, Justin Kurzel, est basé sur une histoire vraie, celle de John Bunting, un tueur en série, le pire qu’ait connu l’Australie. Mais le point de vue adopté par le film est celui du jeune Jamie, 16 ans, qui vit dans une banlieue « white trash » australienne. Nous suivons donc, presque malgré nous, la dérive de ce jeune homme fasciné par ce père de substitution pervers et malsain.

Le film est brutal, violent, frontal mais d’une maîtrise étonnante. On comprend quand on sait que Kurzel a longtemps travaillé dans le domaine de la scénographie théâtrale d’où lui vient cette composition parfaite des plans, ce sens du montage et du découpage et surtout cette façon de faire confiance à son sujet et à son acteur principal (rencontré par hasard dans un supermarché). Le film est une véritable leçon de cinéma-vérité, une plongée dans un univers qui devient de plus en plus sordide de façon presque naturelle à travers les yeux d’un ado mutique, abusé, manipulé et résigné. Un film extrêmement poignant à déconseiller aux âmes sensibles.

Date de sortie en salles inconnue.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Les Crimes de Snowtown – Bande-annonce.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Les Crimes de Snowtown – Extrait.

Textes et photo (Kyle Henry) Franck Finance-Madureira

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