Le rassemblement prévu le 28 mai à Moscou, sur la place Bolotnaïa, devant les bureaux de la Commission européenne, sera interdit, aurait annoncé ce matin la mairie de Moscou, selon GayRussia.Ru, le site de l’association organisatrice de la gay pride de Moscou.

Une fois de plus, le motif avancé est l’impossibilité d’assurer la sécurité des participant-e-s, auquel s’ajoute le nombre de lettres de protestation reçues par la Mairie, aurait indiqué l’adjointe au maire Lyudmila Shvetsova.

UNE GAY PRIDE AU KREMLIN?
«Les raisons invoqués pour interdire la Pride de Moscou cette année sont exactement les mêmes que celles utilisées les années précédentes et pour lesquelles la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé que la Russie violait la Convention européenne des droits de l’Homme, commente Nikolai Alekseev, président de GayRussia et vice-président du comité Idaho. La Russie a décidé de célébrer la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie en exerçant une fois de plus sa politique homophobe à l’encontre des citoyen-ne-s LGBT. Nous allons dès aujourd’hui demander au président Dmitri Medvedev l’autorisation d’organiser la marche de la gay pride à côté du Kremlin, un secteur qui dépend uniquement de sa juridiction.»

Et de rappeler que l’interdiction n’empêchera pas les militant-e-s de se rassembler, comme les années passées: «Quoi qu’il arrive le 28 mai sera à mettre sur le compte de la décision illégale et irresponsable prise aujourd’hui par la Mairie de Moscou».

Le 21 octobre 2010, dans une décision historique devenue définitive le 11 avril dernier, la Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné la Russie pour les interdictions formulées à l’encontre des gay prides de 2006, 2007 et 2008, estimant que «la simple existence d’un risque est insuffisante pour interdire un événement». «[Les autorités moscovites] vont-elles accepter cette décision qui s’impose à elles, ou vont-elles passer outre, et interdire à nouveau la Pride, au risque d’ouvrir une crise diplomatique majeure au sein des instances européennes?», s’interrogeait à l’époque Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho et initiateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. La réponse à cette question semble donc commencer à se dessiner…

Vous pouvez aider Yagg à financer son reportage au cœur de la gay pride de Moscou en faisant un don via le site J’aime l’info.