Quatrième épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

La projection la plus attendue du Festival avait lieu ce matin avec l’entrée en compétition du nouveau film de Terrence Malick, The Tree of Life. Émeute à l’entrée de la projo de presse, grosse déception, le film est hué par certains, applaudi par d’autres, et nombreux sont ceux qui n’ont pas survécu à la première heure du film. On enchaîne avec une magnifique rencontre avec le réalisateur Jonathan Caouette, et on se prépare à aller fêter les 50 ans de la Semaine de la Critique ce soir dans une villa.

« THE TREE OF LIFE », RATAGE COSMIQUE
La première heure du film de Terrence Malick a de quoi décontenancer. Après une rapide mise en situation des personnages, une famille texane classique (un père autoritaire, Brad Pitt, relativement insignifiant, une mère aimante et trois garçons) et un Sean Penn censé être notre guide dans le monde moderne (on se demande encore à quoi il sert!), nous voilà partis pour une heure de très belles images qui nous retracent la création de l’univers. Planètes, air, terre, mer, feu, jusqu’aux dinosaures, rien ne nous est épargné et le côté démonstratif de l’ensemble (sur le mode National Geographic sur fond de musique classique poussée à l’extrême) en est presque risible. Tout autant que la fin, une séquence onirique où tout le monde erre et se retrouve sur une plage (paradisiaque?).

Entre les deux, il y a le cœur du film: drame familial dans les années 50 à Austin, Texas. Et cette partie-là, bien que sans grand enjeu, est plutôt très joliment filmée et aurait pu faire un film honorable. Mais la grandiloquence mystique et pompeuse de l’ensemble noie le propos dans une marée de niaiserie qui nous fait regretter le grand réalisateur des Moissons du ciel ou de La Ligne rouge. Dommage. Vraiment dommage.

Sortie dans les salles le 17 mai.

http://www.youtube.com/watch?v=bwsm_BU2Ayo

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur The Tree of Life – Bande-Annonce – VOST.

UN CAFÉ AVEC JONATHAN CAOUETTE

Le réalisateur de Walk Away Renée [lire la critique dans Yagg à Cannes (3)] nous attend, épuisé par sa journée-marathon de la veille mais souriant, assis en plein soleil sur la terrasse Martini, heureux d’être dans son festival préféré.

Tous les fans de Tarnation [son premier film] se demandent depuis près de sept ans ce que tu faisais et en voyant Walk Away Renée, on comprend ce qui t’occupait… Pour être honnête, je suis depuis sept ans perpétuellement en train de prendre soin de ceux qui m’entourent! Il y a eu mon grand-père qui a vécu chez moi avant de mourir. Et je prends grand soin de mon fils, et donc de ma mère. Je ne peux pas lutter contre les circonstances. Mais la différence entre ce film et Tarnation, c’est qu’il y a un dialogue entre ma mère et moi, je voulais montrer, d’un point de vue objectif, que depuis Tarnation et tout ce que ce film a provoqué, il me fallait encore faire un film avec ma mère. Ce n’est ni une suite, ni la même chose, même si mes réponses évoluent d’interview en interview! Je vois ce film plutôt comme une extension, comme un autre pan de Tarnation.

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